Quand on achète un croissant dans un magasin Migrolino situé dans une station-service Socar, quelle part est versée à Migros et quelle part revient à Socar? Cette question taraude Stefan Müller-Altermatt, un conseiller national (PDC/SO) à Berne, mais aussi l’Association Suisse-Arménie, très active depuis le 27 septembre. Ce jour-là, le lancinant conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie dans la république du Haut-Karabakh, située entre les deux pays, s’est transformé en guerre ouverte. Les bombardements se poursuivaient cette nuit, on ne compte déjà plus les centaines de victimes. Et Socar, une société appartenant au pouvoir azéri, s’adonne à une propagande belliqueuse d’une rare intensité sur les réseaux sociaux.

La question intéresse aussi les manifestants arméniens, réunis la semaine dernière devant le Palais fédéral, puis à Zurich, «et peut-être bientôt à Genève», selon Sarkis Shahinian. Le président d’honneur de l’Association Suisse-Arménie a «Socar dans le collimateur», dit-il. «Chaque centime qui entre dans les caisses de Socar alimente l’achat d’armes de destruction de masse qui prennent la vie de civiles et soldats arméniens défendant leur terre», selon lui.