Formation

Migros lance des cours de pilotage de drones

Depuis fin 2016, Fly & Film propose une formation sur ces engins volants en Suisse. Et dès janvier, ses cours seront proposés en partenariat avec l'Ecole Club Migros Valais. 

«Vous savez qu’avant d’effectuer une prise de vue du château de Chillon, même un enregistrement depuis l’extérieur, il faut faire une demande écrite à la direction deux mois avant le tournage? Et que l’usage de drones est strictement interdit sur les pistes de ski de Saint-Moritz?» Les interventions de Frédéric Hemmeler, fondateur de Fly & Film, ont étonné les amateurs de drones, réunis lundi, à Lausanne. Tous assistaient aux cours sur l’usage de drones, organisé par la société valaisanne. Au programme ce soir-là: comment préparer un vol.

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Lancée depuis le mois d’août à Sierre, cette formation de dix modules théoriques et pratiques est une première en Suisse. Victime de son succès, Fly & Film a dû étendre son offre. Et, dès fin novembre, elle a exporté le concept à Genève et Lausanne. L’année prochaine, ses cours seront ajoutés au catalogue de l’Ecole Club Migros en Valais. «Ce n’est que le début, promet Frédéric Hemmeler. Cette plateforme nous fera connaître plus vite.»

Nécessaire pour la sécurité

Légalement, tout le monde peut les piloter. D’après Frédéric Hemmeler, il existe un énorme manque de connaissances, et surtout de la part des personnes qui s’estiment être des professionnels: «Lorsque je regarde les vidéos postées sur internet, je vois des vingtaines d’infractions.»

Pour y remédier, l’équipe de Fly & Film a basé le programme de cours à la fois sur les formations qui existent à l’étranger, comme en France et en Autriche, et sur l’expérience de pilote d’hélicoptère de Frédéric Hemmeler. Le choix et le contenu des modules tiennent également compte des discussions sur les futures législations suisse et européenne. Les cours coûtent entre 1000 et 1500 francs selon la formule choisie – six cours du soir ou en journée durant une semaine. A la fin, un examen, théorique puis pratique, pour obtenir leur certificat de pilotage.

Mais ceci ne sera pas suffisant selon le pilote: «je crains malheureusement que le premier accident grave avec un drone sera provoqué par les personnes qui les utilisent depuis des années, qui se disent être des pros et qui ne se remettent jamais en question.»

Redorer l’image du drone

D’après une étude de l’Université de Neuchâtel qui l’a beaucoup étonné, 87% des répondants – sur six cents – associent les drones à des dispositifs de surveillance visuelle. Alors qu’ils ne sont pas tous équipés d’une caméra. «Il ne faut plus qu’ils soient perçus comme une menace ou comme une porte ouverte au voyeurisme. Mais comme un objet sympathique et même utile», ajoute Frédéric Hemmeler. Pour lui, la formation est la clé pour changer l’image négative des drones. «De toute façon, il va bien falloir les accepter, ils envahissent le marché. Mais ce sera plus facile s’ils sont utilisés correctement et dans les règles.»

A la base, en créant son école, le pilote cherchait à embaucher des opérateurs de drones compétents pour diriger les drones d’épandage qu’il a introduit en Suisse. «Je me suis dit que nous allions les former pour repérer les profils qui nous conviennent», explique-t-il. Une stratégie qui a porté ses fruits puisque au total, depuis le mois d’août, cinq hommes vont être formés puis engagés, sur la cinquantaine qui a suivi les cours. Et quatre autres sont devenus instructeurs à leur tour pour Fly & Film. Mais aucune femme retenue et peu d’entre elles se sont inscrites aux cours, déplore Frédéric Hemmeler. «En revanche notre formation intéresse plutôt les journalistes femmes!», conclut-il.


Le droit suisse et les drones

J’ai reçu un drone pour noël, est-ce que je peux l’essayer tout de suite?

L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) recommande d’étudier d’abord le mode d’emploi tranquillement et de se familiariser avec l’appareil. Selon l’OFAC, le premier vol doit impérativement avoir lieu dans un champ où ni les personnes, ni les animaux ne courent de risque.

Doit-on passer une licence pour utiliser un drone?

Aucune autorisation n’est nécessaire pour piloter un drone à deux conditions: le télépilote doit garder en permanence un contact visuel direct avec l’appareil et celui-ci doit peser moins de 30 kg. Ce qui correspond à la majorité des drones vendus dans le commerce et sur internet.

Peut-on faire voler un drone n’importe où?

Non. La loi interdit de faire voler un modèle réduit d’aéronef ou un drone à moins de 5 km des pistes d’un aérodrome civil ou militaire – voir plus s’il s’agit d’un grand aéroport. Il faut l’autorisation du chef d’aérodrome ou de Skyguide. Certaines communes peuvent être plus restrictives.

Ai-je le droit de surveiller mes voisins avec la caméra de mon drone?

Non, il est interdit de filmer dans la propriété d’autrui sans son autorisation. L’opérateur de drone doit respecter la sphère privée et intime de chaque personne.

Existe-il des limites pour filmer des paysages?

Oui, il est interdit de réaliser des prises de vue d’installations militaires. En revanche, aucune autorisation de l’OFAC n’est nécessaire pour réaliser un film dans la nature. Le télépilote doit toutefois garder un contact visuel direct en tout temps avec son drone.


Modification du 25 avril 2017: Suite à la demande de l’école suisse du drone, également active dans la formation au pilotage depuis novembre 2016, la mention de l'exclusivité sur le marché suisse de Fly & Film a été supprimée

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