Commerce de détail

Migros pourrait scinder Globus pour le vendre

Les immeubles d’un côté, les activités commerciales de l’autre. C’est l’option que Migros semble privilégier pour la vente de Globus. Une approche qui pourrait faire les affaires du seul prétendant déclaré à ce jour

La procédure de vente des magasins Globus est formellement lancée. Quatre mois après avoir annoncé son intention de se séparer de cette enseigne, Migros a élaboré deux dossiers de vente. Le géant du commerce de détail en Suisse a ainsi séparé la cession des actifs immobiliers des activités de vente, a révélé la Handelszeitung la semaine dernière.

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Le directeur de Globus sur les rangs

Une telle approche pourrait profiter au directeur de Globus. Seul acheteur potentiel connu, Thomas Herbert n’a en effet jamais caché que le rachat des «murs» de la société qu’il dirige depuis trois ans l’obligerait à chercher des partenaires financiers. Joint par Le Temps, le Zurichois confirme en tout cas son intérêt sans pouvoir livrer davantage de détails sur la procédure en cours.

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Propriétaire des magasins Globus depuis 1997, Migros adopte également un profil bas. Le géant orange ne commente pas les informations de la Handelszeitung. Selon le journal zurichois, le groupe genevois Maus Frères et le géant allemand KaDeWe auraient également souhaité obtenir les dossiers de vente.

«Contrairement à d’autres entreprises de la branche, Globus ne peut intéresser que des sociétés à l’ADN très proche.» Nicolas Inglard, directeur de la société de conseil Imadeo, n’est pas surpris par les deux noms qui circulent: «Il semble logique que d’autres acteurs du même domaine fassent au moins la démarche de se renseigner sur les conditions de vente de Globus.»

Pour Nicolas Inglard, un rachat par Thomas Herbert – qui possède déjà une participation de 2,7% dans la société – peut représenter une option intéressante. «Même s’il est difficile d’être juge et partie, une expérience telle que la reprise par Pascal Vandenberghe des librairies Payot en 2014 prouve qu’une telle démarche peut être couronnée de succès. Et pourtant qui, à cette époque, aurait misé sur la vente du livre en magasin?»

Un redimensionnement inévitable

Pour ce fin connaisseur du commerce de détail suisse, un repositionnement de Globus impliquant une «réduction de la voilure» paraît en revanche difficilement évitable. Sous la houlette de Thomas Herbert, Globus a déjà entamé sa mue en visant une montée en gamme et une présence beaucoup plus marquée dans le commerce en ligne. En 2018, son départ du centre commercial genevois Balexert avait fait beaucoup de bruit en Suisse romande. Cette réorientation n’a pas permis pour l’instant à la marque alémanique d’enrayer une érosion annuelle de ses revenus de l’ordre de 5% depuis 2014. Son chiffre d’affaires atteignait 808 millions de francs l’an dernier.

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A en croire Migros, le processus de cession de Globus prendra encore du temps. Trouver une solution pérenne figure au cœur de ses préoccupations. La Suisse se souvient encore bien du douloureux flop qu’avait par exemple représenté la vente des magasins de confection Vögele il y a deux ans. Le repreneur italien OVS n’avait pas attendu une année avant de se déclarer en faillite, laissant quelque 1200 personnes sans emploi.

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