La société zurichoise Prionics peut être satisfaite. Après avoir vendu son test de dépistage de la vache folle à quelques bouchers suisses et à des laboratoires vétérinaires allemands, elle vient de décrocher un partenariat avec Migros. Dans un premier temps, le géant orange va tester la mise en œuvre du test. Si les essais sont concluants, l'évaluation sera effectuée en septembre, la coopérative pourrait généraliser son application en Suisse.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas la qualité du système de détection inventé par Prionics qui fait hésiter Migros. Malgré la mention parfait que lui a attribuée la Commission européenne fin juin, le test n'est pas totalement fiable. Le géant orange le sait et l'accepte. Non, ce qui risque de poser problème, c'est la mise en application de ce test. L'entreprise dispose de deux abattoirs dans lesquels les différentes parties des bêtes tuées sont disséminées. En cas d'introduction du test en laboratoire, l'abattoir devra être capable de «recomposer» une vache. En clair de savoir à qui appartient une tête qui revient du laboratoire. Par ailleurs, la coopérative se fournit également dans des abattoirs communaux et des ateliers de découpe – où s'approvisionnent tous les supermarchés – qui devront faire le même effort mais uniquement pour les vaches destinées à Migros.

Sur les 100 000 bovins commercialisés par Migros chaque année, quelques centaines d'entre eux, âgés de plus de 20 mois, seront dépistés. Problème: le test ne décèle la maladie que six mois avant l'apparition des premiers symptômes. Des bêtes peuvent donc passer entre les gouttes, les vaches ne devenant généralement folles qu'à partir de 3 ans. Pourtant Roland Dousse, chef des services scientifiques à Migros, assure que malgré le coût de l'opération, plus de 80 francs par bête (des «peanuts» dit-il), l'opération est utile dans l'intérêt des consommateurs car elle minimise les risques. Et il jure que ce n'est pas un bon coup de publicité.