Au cours des trois prochaines années, Migros-Genève consacrera 165 millions de francs à de nouveaux investissements. De ce montant, seulement deux millions seront affectés à la France voisine. L'entreprise affiche sa volonté de se concentrer sur son réseau genevois et son vaisseau amiral de Balexert, son deuxième plus grand centre de Suisse, auquel seront attribués 20 millions de francs.

Le directeur de Migros-Genève, Guy Vibourel, a clairement présenté mercredi ses priorités à moyen terme: «Rénover graduellement les magasins existants, développer les plats prêts à l'emporter et investir dans l'accueil à la clientèle et la formation du personnel.» Cette orientation devrait répondre au spectre d'une concurrence de plus en plus rude sur sol helvétique, entre autres, depuis la reprise des centres Jumbo par le français Carrefour. C'est aussi une manière de reconquérir les clients helvétiques, habitués à faire leurs courses en France, en vue de l'ouverture plus tardive des commerces genevois.

Ce recentrage s'explique aussi par les difficultés d'implantation d'une nouvelle unité en France. Pour l'instant, l'entreprise compte deux hypermarchés proches de la frontière genevoise, à Thoiry et Etrembières. La fermeture du supermarché d'Annecy a démontré que, même pour un vieux routier de la vente de détail, l'attaque d'un nouveau marché n'est pas évidente.

Nouveaux postes de travail

D'ailleurs, selon Guy Vibourel, «en France, il est très difficile d'ouvrir un supermarché si l'on ne détient pas déjà une véritable chaîne sur place. Si l'on veut s'imposer sans réseau préalable, il faut ouvrir des centres de la taille d'un hypermarché». De plus, il ne cache pas que, dans le cas annécien, le groupe suisse s'est heurté aux vicissitudes de l'administration locale.

Concernant les résultats 2000, Migros-Genève affiche un chiffre d'affaires de 983 millions, en progression de 2,6% par rapport 1999. L'année écoulée aura aussi permis la création de 100 nouveaux postes de travail dans le canton. Actuellement, l'entreprise y emploie 2800 personnes. En France, ce chiffre se monte à 200 employés. De plus, l'accord signé récemment avec le syndicat français CFDT, relatif à la mise en place des trente-cinq heures, devrait avoir comme répercussions de nouvelles embauches.