Le Néo-Zélandais Mike Moore, qui prendra le 1er septembre prochain la direction générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour trois ans, est un «self- made-man». Né le 28 janvier 1949 à Whakatane, nord rural de la Nouvelle-Zélande, dans une famille pauvre et désunie, Mike Moore raconte qu'il a quitté l'école à 15 ans.

De petit maçon, paysan et imprimeur, il est devenu premier ministre en l'espace de vingt-cinq ans. Chef du gouvernement en 1990 pour le parti travailliste, Mike Moore a surtout laissé son empreinte d'ardent promoteur du libre-échange comme ministre du Commerce extérieur (1984-90). En prenant également la direction de la diplomatie de Wellington en 1988, il est devenu, à moins de 40 ans, le numéro trois du gouvernement.

Durant toute la course à la tête de l'OMC, on l'a présenté comme le candidat des Etats-Unis. Une image qui l'a toujours excédé. «Je considère que c'est une insulte vis-à-vis de l'Uruguay, de la Bulgarie, de la Mongolie et de tous les autres pays qui me soutiennent», a-t-il déclaré dans une interview au Temps le 30 avril dernier. Il a ainsi toujours contesté à Supachai le monopole de la représentation des pays en développement: «Je viens moi-même d'un petit pays qui combine des attributs de pays en développement (par ses produits, sa taille et sa position géographique) avec une tradition et des institutions occidentales. De nombreux pays en développement estiment que je suis mieux à même de faire le lien entre leurs intérêts et ceux des pays riches».

Sa première priorité consiste à renforcer la confiance dans le système multilatéral parmi les pays en développement, qui constituent la majorité des membres de l'OMC, pour qu'ils puissent mieux utiliser le système à leur avantage.

Il veut «rendre l'organisation plus proche de tous ses membres, à l'image du monde qu'elle est censée représenter». Il plaide pour une adhésion de la Chine et de la Russie, mais «selon les conditions en vigueur». Un large succès de la réunion ministérielle de Seattle lui tient en outre particulièrement à cœur: «Je veux que personne, en rentrant, ne puisse dire «j'ai gagné» ou «j'ai perdu», mais plutôt «j'ai perdu ceci et gagné cela, et dans l'ensemble, c'est plutôt une bonne affaire».

G.Ba.