C'est le printemps, et les asthmatiques peuvent se réjouir, car le groupe technologique suisse Mikron va contribuer à les soigner très prochainement. Sa division chargée de développer et de produire des composantes en plastique, Mikron Plastics Technology, va commercialiser pendant le premier trimestre un système permettant de mesurer les doses émises par les sprays soignant les affections pulmonaires.

Trente-six places de travail ont été ainsi créées dans l'usine de Nidau (BE) près de Bienne, qui a été complètement restructurée pour l'occasion. Elle accueille les activités suisses du groupe dans le domaine de la technique médicale, tandis que la production des systèmes de transmission en plastique, comme des roues dentées pour les photocopieurs, est concentrée à Derendingen (SO). Aux coûts liés à cette réorganisation s'ajoutent ceux nécessaires aux contrôles qualité et à la nécessité de documenter toutes les phases du processus de production selon les normes américaines.

Ces investissements dans la technique médicale, liés à des commandes irrégulières ou en baisse, sont l'expression de résultats 2004 décevants pour l'ensemble de la division plastique. «Nous devons atteindre les chiffres noirs en 2005 dans cette division», affirmait mardi à Zurich le président du conseil d'administration, Johann Schneider-Ammann. Malgré une augmentation de son chiffre d'affaires de 9,4% à 122,5 millions de francs en 2004, le bénéfice avant intérêts et charges est toujours négatif dans les composants même s'il passe de – 23 (en 2003) à – 14,8 millions. La banque Julius Bär estime que les investisseurs sont déçus par les résultats de cette activité.

Au sein du deuxième segment de Mikron, la production de biens d'équipement, la division technologie des machines a enregistré des résultats encourageant dans le domaine des systèmes pour les pompes d'injection essence et diesel. Ce marché de niche «est peu touché par l'évolution de l'industrie de l'automobile», selon le directeur de Mikron, Eduard Rikli. L'augmentation du chiffre d'affaires de 35,6% en 2004 pour un volume de commande de 114,2 millions (+22%) donne des signes positifs.

Les entrées de commandes, en progression de 29,3% par rapport à 2003 dans la division technologie d'assemblage, s'expriment par un chiffre d'affaires en légère baisse à 94 millions. Il s'agissait ici aussi d'optimiser l'outil de production, ce qui a été fait par l'introduction d'une plate-forme modulaire et l'engagement de spécialistes.

Le groupe Mikron clôt son exercice 2004 avec un résultat net équilibré de 0,5 million, contre 93,7 millions en 2003. Le bénéfice avant intérêts et taxes est toujours négatif à – 12,3 millions pour un chiffre d'affaires de 332 millions.

Malgré cela, le groupe a consenti des investissements importants pour pouvoir assurer ses positions. Lourdement endetté par des acquisitions dans les technologies de l'information et des communications à la fin des années 90, le groupe technologique finit de payer son repositionnement par la vente de ses participations dans la coentreprise BaldaMikron en mars 2004 au groupe allemand Balda. En juin, Mikron se retirait de la division Axxicon Mould Technology, de sorte qu'elle aborde 2005 désendettée.