La rapide appréciation du franc a conduit ces deux dernières semaines à des appels répétés pour une mobilisation de la Banque nationale. Les milieux économiques n’ont donc pas tardé à réagir hier face aux mesures annoncées par l’institution. «Au vu de l’aggravation de la situation au cours de ces derniers jours, la Banque nationale suisse (BNS) se devait d’intervenir», estime Thomas Pletscher, membre de la direction d’economiesuisse. Toutefois, ce dernier ne pense pas que ces mesures suffiront à résoudre le fond du problème. «La situation ne va pas changer du jour au lendemain et le franc va probablement rester surévalué aussi longtemps que les problèmes d’endettement public ne seront pas réglés aux Etats-Unis et en Europe», poursuit-t-il.

De son côté, l’Union suisse des arts et métiers (USAM), organisation faîtière des PME, constate que «la BNS partage la vision du marché selon laquelle le franc serait surévalué et se montre prête à agir dans le cadre de son mandat».

Même son de cloche du côté de Swissmem. «La BNS ne se contente pas d’observer passivement l’évolution dramatique du taux de change», souligne Ivo Zimmermann, membre de la direction. L’organisation faîtière de l’industrie des machines craint toutefois que ces mesures n’interviennent trop tard. «Seul l’avenir nous le dira, reconnaît Ivo Zimmermann, et cela dépendra de la réaction des marchés et du fait qu’ils soient impressionnés – ou non – par ces mesures».

Des doutes également partagés par la bourse. Après avoir accueilli ces efforts de la BNS par une hausse de 1,2% à la mi-journée, la place de Zurich a fermé ses portes sur une baisse de 1,15%.

Les milieux économiques disent attendre maintenant des réponses concrètes de la part des politiques pour aider les entreprises suisses à faire face à la cherté du franc. Pour Thomas Pletscher, «il faut ouvrir de nouveaux marchés extérieurs, réduire les taxes et les impôts pour les entreprises, promouvoir l’innovation et renforcer la concurrence sur le marché intérieur». Car selon lui, un franc fort reste aussi un signe de confiance des investisseurs envers l’économie suisse. «Je préfère un pays avec une économie forte et une monnaie surévaluée que l’inverse», conclut le membre d’economiesuisse.