Capitales. Telles sont les relations commerciales entre la Suisse et les Etats-Unis. Après le quasi-échec de l'accord de libre-échange, les milieux économiques sont montés aux barricades (LT du 20.01.06). Dans la presse dominicale alémanique, ils ont fustigé l'attitude du Conseil fédéral sur ce dossier.

Il faut chercher des alternatives et maintenir le dialogue, déclarent Jean-Daniel Gerber et Ueli Forster. Le secrétaire d'Etat à l'économie et le président d'economiesuisse s'exprimaient après que le Conseil fédéral a renoncé mercredi dernier à confier un mandat de négociation à Joseph Deiss. Ce qui signifie que l'accord de libre-échange est «cliniquement mort ou au moins aux soins intensifs», selon Ueli Forster, qui s'est dit très déçu par ce revirement politique: «Il y a un an, le Conseil fédéral faisait de cet accord de libre-échange une priorité. Il l'abandonne à la première occasion. Ce n'est pas cohérent...»

Dès lors, que va faire economiesuisse? «Nous allons chercher à discuter avec certains conseillers fédéraux ces prochains jours, a-t-il précisé. Malgré cette situation confuse, le Conseil fédéral doit tout entreprendre pour pouvoir engager des négociations avec les Etats-Unis», estime-t-il.

Si on ne devait finalement pas y parvenir, il faudrait chercher des alternatives, estime Jean-Daniel Gerber. Car Washington et Berne ont intérêt à entretenir d'étroites relations économiques.

Selon le secrétaire d'Etat, la Suisse peut aussi régler des problèmes spécifiques avec son deuxième plus grand partenaire commercial sans accord de libre-échange. Cela pourrait se faire par exemple via la Commission économique bilatérale Suisse-Etats-Unis, instituée en 2000 suite à des discussions exploratoires au niveau ministériel entre les deux pays. Jean-Daniel Gerber pense également à un encouragement du commerce entre les Etats-Unis et l'AELE (la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein et la Suisse). Débat à suivre.