L’invité

Mille et une raisons de soutenir l’initiative «Pour une économie verte»!

Souhaite-t-on poursuivre notre fuite en avant avec pour seul carburant la doctrine de prédation brutale néolibérale ou prenons-nous notre destin et celui des futures générations en main en changeant de cap?

Le 25 septembre, nous sommes appelés à voter pour ou contre l'initiative populaire fédérale «Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources». Le texte pose la question d’un vrai choix de société.

Souhaite-t-on poursuivre notre fuite en avant avec pour seul carburant la doctrine de prédation brutale néolibérale ou prenons-nous notre destin et celui des futures générations en main et dans ce cas on change de cap?

Mais que dit au juste l’initiative? Elle tient sur une page A4 et elle propose de modifier notre Constitution par l’adjonction des articles 94a nouveau et 197, chiffre 8, nouveau. Avec la première disposition, en gros, elle encourage la Confédération, les cantons et les communes à mettre en place une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources. On s’éloigne de la mode du tout jetable et on explore l’économie circulaire. C’est-à-dire la valorisation des déchets. Jusque-là rien de méchant. Bien au contraire, graver dans le marbre de notre Constitution que l’on va privilégier la transition énergétique et une meilleure utilisation des ressources c’est marquer le pas réjouissant d’un changement de paradigme devenu incontournable.

La Finlande est plus ambitieuse

Dans sa deuxième disposition, l’initiative fixe comme objectif quantifiable et mesurable que l’empreinte écologique de la Suisse soit réduite d’ici à 2050 de manière à ce que, extrapolée à la population mondiale, elle ne dépasse pas un équivalent planète. Là aussi, c’est logique. Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons qu’une Terre. Nous sommes dans la juste ligne des décisions prises lors de la COP21 de Paris, en novembre dernier. Notons que d’autres pays comme la Finlande sont encore plus ambitieux que nous. On parle ainsi de poser un garde-fou au bénéfice de nos enfants et petits-enfants. On met en plus le cadre légal d’encouragement et d’incitation fiscale pour accompagner avec succès ces changements. C’est bien une initiative porteuse d’avenir et fraîche.

Même plus, elle est libérale. Elle nous permet d’envisager demain sous de bons auspices. Avec la réjouissance d’exercer encore une activité économique demain et après-demain. D’avoir les ressources nécessaires pour le faire. On se trouve également devant le choix d’un New Deal à la Roosevelt pour relancer toute la machine économique. Parce qu’à notre rythme d’aujourd’hui, nous consommons et détruisons tout comme si nous étions les derniers habitants de la planète bleue.

Pour sa part, le Conseil fédéral a reconnu la nécessité d’agir et a proposé une révision de la loi sur la protection de l’environnement comme contre-projet à l’initiative. La démarche est louable. Elle est constructive et aurait pu nous dispenser de devoir nous réunir de nouveau aux urnes cet automne. Mais voilà, le contre-projet n’a pas passé la rampe au parlement. Des Chambres fédérales, force est de le reconnaître, qui vivent au rythme des grands lobbies néolibéraux. Donc on va voter sur ce qui devrait couler de source. Mais c’est tant mieux. Parce qu’en soutenant cette initiative, on reprend la maîtrise de notre avenir. On fait le choix de sortir d’une dynamique néolibérale qui roule sa bosse pour des intérêts particuliers et qui asservit l’homme et ses ressources comme de simples outils de production.

A l’heure où ces mêmes lobbies négocient en secret les partenariats commerciaux transatlantiques qui visent à supprimer toutes les entraves à une totale liberté de commerce et même à privatiser les services publics, poser le cadre de l’économie verte c’est affirmer et défendre notre choix de citoyens-producteurs-consommateurs qui souhaitent de la durabilité. Nous voulons offrir un avenir aux générations qui nous succéderont. Evidemment, nous allons avoir droit de la part de certains partis politiques d’appareil et des grandes faîtières qui prétendent à tort qu’elles représentent l’économie alors qu’elles ne sont qu’à la botte de certains à une campagne de haute intensité pour démolir l’économie verte.

On va nous bassiner que nous allons revenir à l’éclairage aux chandelles, à la cabane au fond du jardin de Francis Cabrel ou encore que nous ne pourrons plus chasser les Pokémon. Mais il n’en est rien. Bien au contraire, nous n’avons plus une telle croissance économique depuis longtemps et nous constatons une précarisation rampante de notre classe moyenne. Si nous voulons obtenir d’autres résultats, changeons de chemin. Ne subissons plus le joug des intérêts particuliers. Le sujet est bien trop crucial pour notre avenir. Ne le laissons pas à des néolibéraux qui ne sont qu’obnubilés par le profit à court terme et par l’éradication de l’Etat. Pourtant, c’est le seul garant du bien commun. Et le système libéral tel que nous le connaissons ne pourrait vivre dans l’équilibre sans partage avec un partenaire fiable, c’est-à-dire l’Etat. Dans le cas présent, l’Etat et la majorité d’entre nous avons besoin que cette nouvelle initiative, à la fois propice à la recherche et à la création de nouveaux emplois de même qu’à un avenir pour nos enfants, soit approuvée.



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