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L’entreprise nationale de pétrole PDVSA est au cœur d’un énorme scandale de corruption.
© Carlos Garcia Rawlins/Reuters

Place financière

Des millions de la corruption vénézuélienne reposent en Suisse

D’après le «Tages-Anzeiger», Credit Suisse abriterait des comptes d’ex-hauts responsables du pays latino-américain inculpés pour corruption par le Département américain de la justice. La Finma enquête sur le volet suisse d’un scandale évalué à un milliard de dollars

Plusieurs banques suisses auraient accueilli des fonds venant d’une affaire de détournement de fonds au Venezuela, qui n’est pas sans rappeler le scandale Petrobras au Brésil. Selon le Département américain de la justice (DoJ), les montants impliqués atteindraient jusqu’à un milliard de dollars au total, dont une partie reposerait en Suisse.

L’affaire a émergé en octobre dernier, lorsque quatre hauts responsables vénézuéliens ont été arrêtés en Espagne à la demande des autorités américaines, dont un ancien vice-ministre de l’Energie du gouvernement Chávez, Nervis Villalobos Cardenas. Ils sont accusés d’avoir détourné les fonds de la compagnie pétrolière nationale du Venezuela (PDVSA), dont une partie évaluée à 27 millions aurait été blanchie en Suisse.

Quatre personnes arrêtées

La semaine dernière, le Département américain de la justice a inculpé les quatre personnes, ajoutant un cinquième complice toujours en fuite, de blanchiment d’argent et d’association de malfaiteurs. Les cinq Vénézuéliens auraient exigé des pots-de-vin entre 2011 et 2013 à des fournisseurs en échange de leur aide pour obtenir des contrats avec PDVSA et la priorité dans le paiement des factures lorsque l’entreprise s’est retrouvée à court de liquidités.

Selon le DoJ, les complices auraient utilisé plusieurs comptes en Suisse. D’après le Tages-Anzeiger de mercredi, il s’agirait au moins en partie de Credit Suisse. Contactée, la banque refuse de faire tout commentaire sur ce cas. Elle se contente d’assurer disposer de mécanismes de contrôle interne pour lutter contre la criminalité financière.

Dimension proche de l'affaire de la FIFA

L’Office fédéral de la justice, qui dit avoir reçu des demandes d'entraide venant des Etats-Unis, a demandé des informations à une vingtaine de banques, dont il ne donne pas les noms, et a bloqué plus de 100 millions de dollars dans deux cas de corruption liés à PDVSA depuis 2014. Des cas «qui concernent les mêmes faits mais différentes personnes», précise un porte-parole. Cinquante et un millions auraient été remis aux autorités américaines à la fin de 2016 et la collaboration se poursuit. Ces deux procédures d'entraide juridique ont une «dimension proche de celle de l'affaire qui a secoué la FIFA. Dans les deux procédures, il est question de la levée de la la transmission de preuves d'une étendue équivalant à plusieurs centaines de classeurs fédéraux», ajoute encore le porte-parole. 

Lire aussi: L’article du «Tages-Anzeiger» (payant)

Les accusés ne se seraient toutefois pas adressés directement à la grande banque. Ils auraient été aidés par une société de gestion que les documents du DoJ identifient comme la «Swiss Company A». D’après un nouvel article du Tages-Anzeiger ce jeudi, il s’agirait d’Eagle Wealth Management AG, une société installée au cœur de Zurich. Contactée jeudi matin, elle ne commente pas l'affaire. «En tant qu'entreprise régulée, nous nous conformons à toutes les régulations applicables en tout temps», a-t-elle précisé. 

La Finma a aussi ouvert une enquête

De son côté, la Finma, l’autorité de régulation financière helvétique, a ouvert une enquête sur plusieurs banques suisses. Elle cherche à mesurer l’implication des institutions suisses dans cette affaire et vérifier que les mesures anti-blanchiment sont correctement appliquées. Elle refuse de les nommer à ce stade de l’investigation. Son enquête s’élargit plus globalement sur divers cas en Amérique du Sud.

PDVSA est d’autant plus importante que c’est la source principale de revenus pour le gouvernement vénézuélien. Hugo Chávez avait remplacé une partie de sa direction en 2002 pour y installer des fidèles de son régime. Selon un rapport du parlement vénézuélien, 11 milliards de dollars auraient été détournés entre 2004 et 2014.

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