Le géant gazier russe Gazprom a continué mardi de réduire ses exportations de gaz vers la Biélorussie en raison d’une dette impayée, en abaissant ses livraisons de 30%, a indiqué le patron du groupe Alexeï Miller à la télévision NTV.

«La Biélorussie n’a rien entrepris au cours des dernières 24 heures pour payer la dette», a déclaré Alexeï Miller. «A partir de 10h00 à Moscou (8h00 en Suisse) nous introduisons une réduction de 30% de nos livraisons prévues» vers cette ex-république soviétique, a-t-il poursuivi.

La Russie a commencé lundi à mettre à exécution lundi sa menace de réduire ses exportations de gaz vers Minsk à la suite d’un conflit financier, alors que l’Union européenne a organisé une réunion de crise craignant des perturbations pour ses membres dépendant du transit.

Gazprom a réduit lundi ses livraisons vers la Biélorussie de 15% et a prévenu que la baisse de livraisons arriverait graduellement à 85%. La Biélorussie a de son côté prévenu que la décision de Gazprom pourrait perturber le transit de gaz russe vers l’Europe, dont 20% des importations de gaz russe transitent par son sol, et le reste par l’Ukraine voisine.

L’Union européenne a convoqué lundi à Bruxelles une réunion de crise entre experts européens et russes pour évaluer toute conséquence éventuelle de ce conflit.

Si la Biélorussie devait cesser d’approvisionner l’Europe, la Lituanie serait le pays de l’UE le plus touché. La Pologne et l’Allemagne pourraient être affectées indirectement, selon Bruxelles.

Régulièrement confrontée à des problèmes d’arriérés de paiement de Minsk, la Russie lui avait donné jusqu’à lundi pour s’acquitter de sa dette gazière accumulée depuis le début de l’année et qui atteint selon Gazprom environ 200 millions de dollars.

Les Européens avaient déjà subi en janvier 2009 une interruption de deux semaines des livraisons russes, en raison d’un conflit entre Moscou et Kiev.