Se baser sur une statistique saisonnière n'est pas recommandable comme base exclusive à une stratégie d'investissement dans les actions. Néanmoins il est utile de savoir si le marché des actions bénéficie d'un vent en poupe ou bien d'un vent contraire selon les saisons. L'étude présentée ci-dessous a été faite pour les actions américaines sur une période de plus de cinquante ans: ses résultats méritent un minimum d'attention.

Le graphique représente les résultats historiques d'une stratégie hypothétique investissant dans les actions seulement dans deux périodes spécifiques de l'année. Il démontre la tendance historique du marché des actions aux Etats-Unis de surperformer de manière significative en moyenne pendant la période favorable de sept mois entre le 30 septembre et le 30 avril par rapport à la période de cinq mois, qui s'étend de mai à septembre. En effet au cours de cette «saison d'été» pratiquement très peu de gains se sont accumulés au cours des cinquante dernières années.

Les résultats apparaissent pour l'indice des grandes capitalisations S & P 500 et pour celui des petites capitalisations, représentées par l'indice Ibbotson Small Company Total Return. On s'aperçoit que les petites capitalisations, qui sont plus volatiles, montrent ainsi un plus grand différentiel que les larges capitalisations entre les «deux saisons».

Chacune des quatre courbes sur le graphique représente la valeur cumulative d'un investissement initial de 100 dollars dans les petites capitalisations (lignes épaisses) ou dans les grandes (lignes fines) au 30 avril 1950.

1. Les courbes en trait continu indiquent la valeur de l'investissement, si un investisseur avait acheté le 30 septembre de chaque année et vendu le 30 avril de l'année suivante, laissant l'argent non investi du 30 avril jusqu'au 30 septembre suivant.

2. Les courbes en pointillé représentent l'opération symétrique: un achat le 30 avril et une vente le 30 septembre, laissant l'argent non investi jusqu'au mois d'avril suivant.

Le tableau au haut à gauche du graphique montre le gain annualisé de chaque index durant chacune des périodes saisonnières: la période d'investissement «d'hiver» et celle «d'été».

Puisque nous sommes en juillet 2005 et que l'indice S & P 500 du marché américain a progressé d'environ 6,25% depuis le 1 mai, alors que la moyenne historique jusqu'au 30 septembre est de 0,7%, certains investisseurs pourraient être tentés de prendre leur profit, car ils se rappellent qu'il y aura des vents contraires jusqu'à fin septembre et que les vents ne redeviendront favorables qu'à partir de l'automne. Les sceptiques relèveront qu'il est dangereux de prendre des décisions d'investissement basées sur une moyenne de cinquante-cinq ans.

Allons donc examiner la saisonnalité boursière lors des années qui se terminent en cinq. En effet ces années boursières ont eu la propriété historique remarquable aux Etats-Unis d'avoir toujours fini au 31 décembre en territoire positif depuis 1885. Ces douze années n'ont peut-être pas grande valeur statistique, néanmoins les analystes de marché chevronnés sont au courant, même s'ils ne savent expliquer les causes de ce phénomène.

Dans le tableau ci-dessous, nous avons repris les données calculées par Ned Davis Research aux Etats-Unis de façon similaire au graphique ci-dessus, mais en allongeant la «saison d'été «défavorable pour y inclure aussi le mois d'octobre. En ce qui concerne les pourcentages de changement du S & P500 selon «ces deux saisons «d'investissement lors des années 1955, 65, 75, 85, et 1995, Il semble que l'effet négatif d'investissement en «saison d'été «n'est pas apparu de façon prononcée ni en 1955, ni en 1995 et qu'en 1965, l'effet s'était même inversé. Cela laissera-t-il une chance à l'année boursière 2005 d'être une année à caractère exceptionnel, qui ne serait pas trop importuné par de méchants orages lors de sa saison d'été? Rendez-vous en octobre 2005.