Certaines prima donna auraient la réputation de changer le sentiment du marché. A bien y regarder, c'est plutôt sa courbure qu'il faudrait observer avec attention, comme le rappellent les travaux statistiques menés par une entreprise de recherche financière bien connue aux Etats-Unis, Ned Davis Research, Inc. Honni soit qui mal y pense, ce n'est que de la vénérable moyenne mobile de 200 jours dont il sera question ici. En effet ce n'est point le seul fait d'être en dessus ou au-dessous de celle-ci qui importe, mais aussi sa courbure, à la hausse ou à la baisse, qui fait toute la différence.

En effet, lorsqu'un indice majeur casse sa moyenne mobile de 200 jours, comme ce fut le cas à la baisse en juillet 2004 pour le S & P500, cette cassure reçoit une grande attention, généralement considérée comme un développement négatif du marché des actions. Pour nous donner une impression visuelle de l'étude statistique que nous allons résumer, le graphique ci-contre représente, sur une échelle logarithmique, l'indice S & P500 du marché américain depuis le 21 septembre 1981 en barre hebdomadaires. Ainsi un mouvement de 1 cm en haut à droite du graphe est égal en pourcentage à un mouvement de 1 cm en bas à gauche, c'est la raison pour laquelle l'échelle de prix a l'air comprimée vers le haut. On obtient ainsi sur un graphique long terme une perspective plus précise de la croissance du marché. Les lignes horizontales ont été situées pour repérer des creux et sommets majeurs des 20 dernières années et faciliter le travail de lecture de l'échelle de prix.

En surimposition aux prix du S & P500, dont le dernier prix est la clôture de jeudi à 1173, est tracée l'équivalent hebdomadaire de la moyenne mobile de 200 jours ouvrables, qui est approximée par la moyenne mobile des quarante dernières clôtures hebdomadaires. Celle-ci vaut 1120,1 alors que celle-là est à 1119,7, une différence invisible sur le graphique et bien peu significative pour notre propos.

Le sentiment du marché devrait être optimiste pour les prochains mois, car le S & P500 a grimpé depuis le 27 octobre au-dessus de sa moyenne mobile de 200 jours. Cette dernière a atteint son sommet le 12 octobre à 1120,3, et selon l'étude, à ce jour elle est toujours considérée à la hausse, car n'ayant pas baissé de plus de 0,5% depuis son point maximum. Nous sommes donc dans le second cas le plus favorable, qui valide à nouveau la tendance long terme à la hausse. Il est évident qu'une telle étude n'offre pas d'objectifs, ni à la hausse, ni à la baisse, par contre elle offre un cadre général qui permet de se situer par rapport à la tendance long terme de trois à six mois.

Sans s'attarder sur les détails, l'étude compare, pendant les 75 dernières années, la stratégie «Acheter et Tenir» («Buy and Hold») avec la performance du S & P500 dans une plage de 10 et 252 jour qui suivent les quatre cas de croisement de l'index avec sa moyenne mobile de 200 jours:

1. Le scénario le plus favorable se définit lorsque le S & P500 s'élève au-dessus de sa moyenne mobile, elle-même descendante, souvent confirmant un creux important, comme on peut le voir fin 1982 et fin 1984, en 1988, 1991 et 2003.

2. Le second cas, actuel, fut expliqué ci-dessus.

3. Le troisième cas, un peu moins favorable, est celui du S & P500 glissant sous sa moyenne, elle-même ascendante. C'est souvent une indication d'une correction dans une tendance long terme haussière, comme en juillet 2004.

4. Enfin la situation clairement désagréable est celle dans laquelle le S & P500 baisse en dessous de sa moyenne mobile de 200 jours, elle-même orientée à la baisse, car il s'agit là d'une confirmation de tendance baissière. D'aucuns se rappellent le premier trimestre 2002. Que ceux qui veulent en savoir plus sur cette étude, me contactent.