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 Renaud Dutreil, nouveau responsable du private equity de Mirabaud Asset Management, et Lionel Aeschlimann, associé de la banque genevoise. 
© David Wagnières

Placement

Mirabaud embauche l'ancien ministre français Renaud Dutreil pour investir dans le luxe

La banque genevoise s’est associée avec Renaud Dutreil, ancien ministre français des PME et ancien responsable de LVMH aux Etats-Unis, pour lancer un fonds de private equity concentré sur des entreprises de l’Arc alpin

La première levée de fonds est bouclée. Mirabaud Asset Management a récolté 50 millions de francs pour son nouveau produit de private equity, spécialisé dans les PME du luxe et du lifestyle de la région, et vise 150 millions à la fin de l’année. Pour gérer ce nouveau véhicule, Mirabaud Asset Management s’est adjoint les services de Renaud Dutreil, ancien ministre des PME, de la consommation et des professions libérales du gouvernement français entre 2002 et 2007.

Lionel Aeschlimann, associé gérant du groupe Mirabaud et directeur général de Mirabaud Asset Management, s’est félicité de cette décision, qui est le résultat d’une rencontre inattendue entre lui et l’auteur du label Entreprise du patrimoine vivant et des pactes Dutreil facilitant le financement et la transmission des PME. «Cela s’inscrit dans la continuité de ce que fait Mirabaud depuis des décennies: chercher et investir dans les champions cachés d’Europe, les sociétés d’excellence.» La banque genevoise fait de la gestion alternative depuis une quarantaine d’années, mais le private equity est un nouveau segment qu’elle a décidé d’exploiter.

Fleurons du luxe

L’idée est de se concentrer sur les «sociétés qui ont une histoire familiale, des produits ou des positionnements uniques» poursuit-il. Elles se trouveront majoritairement dans l'«Arc alpin», soit la France, la Suisse, le nord de l’Italie et seront toutes des «fleurons de l’industrie du luxe». Le fonds sera engagé dans la gestion de ces entreprises, précise Renaud Dutreil, qui pense prendre des parts majoritaires et mettre à disposition un «vivier de cadres spécialisés dans ce secteur». «Nous voulons être le partenaire de leur déploiement à l’étranger et du développement de leurs innovations», poursuit celui qui a aussi été responsable de LVMH en Amérique du Nord. «Elles ne peuvent plus rester sur leur marché d’origine, elles doivent se réinventer tout en gardant l’aspect tradition de leur produit, qui attire les clients du monde entier.»

Après en avoir étudié environ 200, Mirabaud a sélectionné 10 entreprises dans lesquelles elle souhaite investir, concentrées sur l’horlogerie, la joaillerie et les produits de beauté, mais ne donne pas leur nom tant que les transactions ne sont pas conclues. Une majorité est française, les autres italiennes et suisses. Le fonds s’adresse à des institutionnels, aux family office, à des familles et aux clients particulièrement fortunés, les HNWI (en anglais, high net worth individuals ou individus possédant plus d’un million de dollars hors résidence principale). Le fonds vise une performance de 10% par année.

Entre 3 et 50 millions de francs de chiffre d’affaires

«Nous souhaitons aussi contribuer au développement de l’écosystème dans lequel nous nous trouvons», précise encore Renaud Dutreil, qui est basé à Paris et aura une équipe de trois personnes à ses côtés. Les sociétés qu’il a sélectionnées réalisent entre 3 et 50 millions de francs de chiffre d’affaires. «Il s’agit d’une phase critique, l’adolescence de l’entreprise, le moment où il faut poser les piliers de la croissance future et trouver la cohérence d’une marque.»

L’expert et désormais nouveau responsable de l’activité private equity de Mirabaud Asset Management – il a été au conseil d’administration du fonds L Capital Europe pendant plusieurs années et a réalisé des investissements pour son propre compte –, ne s’inquiète pas du ralentissement dans le secteur horloger. «L’excellence n’est pas soumise aux cycles économiques. Certes, l’horlogerie vit des hauts et des bas pour des raisons conjoncturelles, mais il faut se rappeler que le boom du luxe a duré très longtemps», souligne-t-il, tout en précisant: «L’excellence est toujours en forte croissance et il n’y a pas de raisons que cela s’arrête.»

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