Les prévisions sont au beau fixe pour les entreprises suisses cotées en bourse. Les plus grandes d’entre elles devraient enregistrer une hausse de 22% de leur bénéfice net cette année, selon les prévisions des analystes. L’optimisme est encore plus marqué pour les petites et moyennes capitalisations, pour lesquelles les spécialistes tablent sur un bond de 41% de leur profit en 2021. Normal, ces sociétés sont généralement plus cycliques et profitent davantage des phases de reprise économique que les plus grands groupes. Ce qui est inhabituel, en revanche, c’est que ces estimations étaient plus basses en début d’année et ont été revues à la hausse. Les investisseurs sont donc devenus plus optimistes pour les entreprises suisses au fur et à mesure que la vaccination contre le coronavirus progresse et que l’économie mondiale repart de manière marquée.

Le marché pense à l’après-reprise et on observe un certain stress, lié à l’inflation ou aux politiques des banques centrales en particulier

Anick Baud, Bruellan

Le marché pense à l’après-reprise et on observe un certain stress, lié à l’inflation ou aux politiques des banques centrales en particulier

Anick Baud, Bruellan

Ces attentes élevées bénéficient aussi d’une comparaison favorable avec l’exercice 2020, plombé par une pandémie d’ampleur historique. Pour gommer cette illusion d’optique, certaines sociétés comparent même leurs derniers résultats avec 2019, c’est le cas pour Alcon, un acteur majeur des soins oculaires. Mais cet effet de base n’explique pas tout, observe Anick Baud, spécialiste des actions suisses chez Bruellan, un gérant indépendant genevois avec environ 2 milliards d’avoirs: «Les résultats du premier trimestre ont montré que certaines sociétés suisses ont atteint des résultats historiques en valeur absolue.» Avec un chiffre d’affaires jamais atteint jusque-là pour le spécialiste des systèmes de fixation Bossard ou le fabricant d’implants dentaires Straumann, qui a aussi dévoilé une croissance organique de 34%, tandis que Geberit publiait sa plus forte croissance organique des dix dernières années, illustre Anick Baud.