La Banque LGT (Liechtenstein Global Trust), un des premiers établissements bancaires de la Principauté, a rapidement tiré les enseignements des critiques émises l'an dernier contre la place financière du Liechtenstein par plusieurs instances internationales. «Depuis l'introduction cet automne de la réglementation bancaire «connais ton client» («know your customer»), d'un nouvel ensemble de lois et de diverses améliorations, le Liechtenstein a pris des mesures rapides et énergiques pour combler les lacunes existant dans la lutte contre le blanchiment d'argent» s'est exclamé Konrad Bächinger, membre de la direction de LGT, devant la presse lundi à Zurich. Il s'attend par conséquent à ce que le Liechtenstein n'apparaisse plus dans la prochaine liste noire établie par le GAFI (Groupe d'action financière) lequel doit se réunir en juin prochain. Les banquiers liechtensteinois se montrent en revanche résolus à résister aux pressions – notamment de l'Union européenne – qui portent sur la fiscalité de l'épargne dans le cadre d'une «harmonisation fiscale qui se traduirait inévitablement par une hausse des impôts».

Dans ce contexte, le groupe LGT prévoit d'élargir sa stratégie de private banking et d'explorer de nouveaux pôles de croissance. Pour exploiter les marchés de la gestion de fortune visant une clientèle résidente («on shore»), en particulier en Asie et dans les pays limitrophes de la Principauté, ainsi que l'a indiqué le prince Philipp, frère du souverain Hans-Adam II et président du conseil d'administration du Groupe LGT. Une implantation est ainsi prévue à Singapour cette année. En Allemagne, une banque devrait en outre voir le jour au début de l'an prochain.

Mince afflux de nouveaux fonds

La polémique qui s'est développée autour du Liechtenstein a donc pénalisé les résultats de la banque l'an dernier, ainsi que l'admettent les dirigeants de celle-ci. «C'est au quatrième trimestre surtout que nous avons enregistré un reflux de clients. Mais cette tendance a pu être contrecarrée en janvier déjà» commente Olivier de Perregaux, le responsable des finances de la banque et du groupe contrôlés par la famille princière du Liechtenstein. Sur l'ensemble de l'exercice, la banque liechtensteinoise n'en a pas moins réussi à enregistrer un mince afflux de nouveaux fonds. Et comme la performance des placements a été légèrement positive, les fonds sous gestion de LGT ont progressé de 1,2% pour s'élever à 48,34 milliards de francs en 2000. Durant la même période, la Banque Privée de Gérance (VP Bank) – un autre établissement de gestion de fortune de la Principauté – a essuyé un fléchissement de 1,6% de sa fortune sous gestion. De son côté, la Liechsteinische Landesbank (LLB), un peu considérée comme la banque contonale de la Principauté, a pu accroître ses avoirs gérés de 2,9%.

Investissements dans Internet

L'exercice écoulé se solde donc pour LGT Bank par un nouveau bénéfice net record de 206 millions de francs, en hausse de 18% par rapport à l'exercice précédent. Malgré une hausse de 120% des charges commerciales et de bureau, occasionnée en grande partie par les coûts liés à l'informatique et à Internet. Et le cash-flow a progressé au même rythme que le bénéfice. Des résultats qui ont pu être obtenus malgré un environnement et des marchés difficiles. Ce que le prince Philipp explique par l'expertise du groupe LGT notamment dans les placements non conventionnels. Une catégorie d'investissements où la performance visée est plus régulière car moins corrélée avec les marchés traditionnels. Par exemple dans les fonds de couverture ou «hedge funds», ou dans des fonds investissant dans les actions de sociétés non cotées («private equity»). Les fonds non conventionnels gérés par le groupe (avec par exemple Castle) se sont ainsi élevés à plus de 2,2 milliards de francs l'an dernier, et LGT entend renforcer sa forte position en Europe dans ce domaine.