Les principales banques centrales, dont la Banque nationale suisse (BNS), ont lancé jeudi une action concertée en vue de faciliter le financement du secteur bancaire, alors que ce dernier peine à s’approvisionner en liquidités.

L’action coordonnée est menée par la Banque d’Angleterre, la Banque du Canada, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed) et la BNS, a indiqué mercredi cette dernière. L’opération vise à atténuer les tensions sur les marchés financiers et à stimuler l’activité économique en améliorant la capacité des banques à fournir des crédits aux ménages et aux entreprises, a expliqué la BNS.

Les mesures prises hier

Concrètement, les six banques centrales ont décidé de prolonger les accords temporaires d’échanges de devises (swaps) destinés à approvisionner les banques en dollars jusqu’au 13 février et d’abaisser à partir du 5 décembre le taux appliqué à ces échanges. Les instituts d’émission ont également conclu «préventivement» une série d’accords au niveau bilatéral. Ces accords doivent leur permettre, «si les conditions prévalant sur le marché l’exigent», de pourvoir les banques en d’autres monnaies que le dollar. La BNS serait ainsi en mesure de fournir des liquidités en dollars canadiens, en livres sterling, en yens et en euros aux banques placées sous sa juridiction.

«Ce sera plus facile pour les banques, en particulier en Europe, de se financer en dollars, l’objectif étant d’éviter une crise majeure du crédit à l’échelle mondiale», a expliqué Kathleen Brooks, analyste du courtier Forex.com. «La volonté des banques centrales d’agir avec fermeté et de concert montre aux marchés que des solutions peuvent être apportées aux problèmes immédiats générés par la crise des dettes en zone euro», du moins à court terme, même si les dirigeants européens doivent encore trouver un moyen de résoudre durablement la crise, a ajouté la spécialiste.

Détente sur les taux imposés aux Etats

La mise en place de ce nouveau dispositif concerté a fait bondir les bourses européennes. Francfort a grimpé de 5% hier, Paris, Madrid et Milan gagnant plus de 4% tandis que le marché londonien progressait de plus de 3%. De son côté, la Bourse suisse a progressé de plus de 2%.

Les valeurs bancaires ont flambé, alors qu’elles avaient été affectées en début de matinée par la dégradation de la note de grandes banques par Standard & Poor’s. Quant à l’euro, il a repassé la barre de 1,35 dollar, au plus haut depuis une semaine.

Le marché obligataire européen a été également dopé, les investisseurs en profitant pour se tourner principalement vers les dettes française, italienne et espagnole, délaissées jusqu’ici en raison des craintes des investisseurs provoquées par la crise de la zone euro. En fin de journée, les taux à 10 ans de l’Italie reculaient à 7,2% contre 7%, tandis que les rendements allemands de même échéance s’inscrivaient à 2,28% contre 2,33% la veille.