Le modèle helvétique est un exemple prisé des patrons français

Performance Le président du Medef Pierre Gattaz loue «l’attachement helvétique à la liberté d’entreprendre et à la valeur travail»

«Pierre Gattaz fait l’éloge de la Confédération»: le titre de L’Opinion, le nouveau quotidien libéral français, pose le décor. Dans un article paru ce jeudi, le président du Medef (l’organisation faîtière du patronat français) défend en effet les vertus économiques et sociales de la Suisse par rapport à une France engluée dans la stagnation.

«La Suisse est un modèle à suivre. Il faut que nous intégrions le pays dans tous nos benchmarks», explique d’emblée à L’Opinion le PDG de Radiall, le producteur d’équipements électroniques fondé par son père Yvon Gattaz, qui dirigea aussi le patronat français entre 1981 et 1986. L’actuel président du Medef, dont l’organisation a présenté le 24 septembre un programme pour créer «un million d’emplois», était au début d’octobre l’invité d’un séminaire à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). «Il y a été séduit par l’écosystème très favorable à la création économique», explique L’Opinion.

L’argument central avancé par le patron des patrons français est double: d’un côté, la simplicité administrative helvétique comparée au labyrinthe bureaucratique français, de l’autre, la «culture de responsabilité» beaucoup plus forte. Peu au fait des réalités suisses, M. Gattaz cite, comme l’avait fait le 18 septembre le leader centriste François Bayrou devant les caméras de Des paroles et des actes sur France 2, le Code du travail suisse, beaucoup plus mince que son homologue hexagonal. «Le nôtre compte plus de 3000 pages et, à chaque négociation interprofessionnelle, on en rajoute 300», déplore-t-il, en faisant référence aux «600 pages» du Code suisse. Un chiffre à corriger, en réalité, car il n’inclut pas la jurisprudence par branche, clé des relations interprofessionnelles en Suisse.

Un parangon d’attractivité

M. Gattaz complète ensuite son propos en évoquant «l’attachement helvétique à la liberté d’entreprendre et à la valeur travail». Un message entendu cinq sur cinq par l’ambassade de Suisse à Paris, dont les services économiques ont présenté le 19 septembre dernier à un parterre d’invités français le livre Swiss Made. Tout ce que révèle le succès du modèle suisse, de R. James Breiding (Ed. Slatkine).

Cet éloge de la Confédération intervient après la réunion à l’Elysée, dimanche dernier, du Conseil de l’attractivité composé d’une vingtaine de grands patrons et dirigeants étrangers, parmi lesquels le vice-président de BlackRock Philipp Hildebrand, ancien président de la Banque nationale suisse, dont il dut démissionner en janvier 2012 après des révélations sur ses transactions financières personnelles. M. Hildebrand y a fait une intervention remarquée, reprise dans Le Figaro. «Le plus grand défi de la France, et de loin, c’est celui de sa compétitivité, a-t-il expliqué. […] Nous avons tous besoin de signaux tangibles. La réforme du marché du travail est au cœur du sujet.»