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C'est grâce aux droits TV que Manchester United peut débourser 120 millions pour recruter Paul Pogba (à gauche)
© Keystone

Médias

Le modèle de la Premier League tremble sur ses bases

Sky et BT Sport, les grands bailleurs de fonds du foot anglais et européen, menacent de ne plus participer à la surenchère. Les Netflix du sport sont en embuscade

Sky et BT Sport disent stop. Au moment même où la Premier League anglaise vendait ses droits en Chine pour 650 millions de dollars, les deux diffuseurs britanniques ont prévenu: ils n’ont pas l’intention de participer indéfiniment à la surenchère sur les prix des droits TV.

Le duo a déboursé 5,14 milliards de livres sterling (6,5 milliards de francs) pour diffuser le championnat anglais sur le territoire britannique entre 2016 et 2019. C’est le plus important contrat jamais signé dans l’histoire du ballon rond.

Mais la semaine dernière, lors d’une conférence à Barcelone, les deux bailleurs de fonds du foot anglais ont expliqué que, certes, ces investissements massifs leur avaient permis d’attirer et de fidéliser des abonnés, mais qu’ils allaient néanmoins mieux réfléchir à leur manière d’allouer des fonds à l’avenir.

Cela ne pourrait être que le premier épisode d’une prochaine négociation, qui devrait débuter en 2018. Mais leurs déclarations, conjointes et publiques, pourraient aussi marquer un tournant dans le secteur des médias sportifs.

Audiences en baisse

Après des décennies d’hyperinflation, et alors que les droits TV représentent 40 à 50% des revenus des clubs, cet avertissement intervient dans un contexte inédit. D’abord, les audiences ont baissé de 12% en Angleterre, par rapport à l’été 2015. «La concurrence des Jeux olympiques», ont justifié les diffuseurs, cités par le «Financial Times».

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En réalité, la concurrence est aussi structurelle. Le sport se consomme toujours plus sur Internet, via des plateformes de streaming de plus en plus nombreuses et accessibles. «Hélas pour nous, il est très facile de pirater les chaînes payantes, nous confiait un professionnel de la vente de droits d’image, lors du salon Soccerex à Manchester. C’est un vrai problème, difficile à combattre de manière globale et organisée».

La montée de DAZN

Mais le streaming n’est pas toujours du vol. Des sites légaux émergent et cassent les prix. C’est le cas de DAZN, par exemple. Lancée cette année et présentée comme le Netflix du sport, la plateforme promet de diffuser 8000 événements sportifs par an, dont le foot anglais, espagnol, italien, européen, ainsi que la NHL, la NFL et du tennis.

Avec un prix de 12,90 francs par mois et la possibilité de résilier son abonnement chaque mois, la filiale de Perform Group fait de plus en plus d’adeptes. La société n’est pour l’instant disponible que sur les marchés allemands, autrichiens et suisses, mais elle compte s’étendre à d’autres territoires et concurrencer les diffuseurs traditionnels.

Pendant ce temps, aux Etats-Unis, Yahoo retransmet des matches du championnat de hockey sur glace, tandis qu’Amazon envisage d’acheter les droits TV de Roland Garros.

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