Endettée et déficitaire, la zone euro restera sous haute surveillance en 2011. Mais les regards seront braqués plus particulièrement sur l’Espagne. Après la Grèce et l’Irlande qui ont été mises sous perfusion en 2010 par Bruxelles et le Fonds monétaire international, l’économie ibérique pourrait aussi entrer aux soins intensifs. Sa dette est plus raisonnable que beaucoup d’autres pays européens, mais son déficit budgétaire – 9,2% du PIB l’an dernier – est parmi les plus élevés. De quoi grever sa capacité à honorer ses engagements.

L’an prochain justement, Madrid devra refinancer sa dette à hauteur de 192 milliards d’euros, contre 76 milliards en 2010. Rien que les intérêts dus lui coûteront 27 milliards d’euros. Si les investisseurs ne sont pas convaincus de la solvabilité du pays, ils imposeront un taux de rendement élevé. Lors de sa dernière émission obligataire, le 16 décembre, l’Espagne s’est vu imposer un taux de 5,4% alors que celui de référence se situe autour de 3%. Pire, Madrid voulait lever 3 milliards d’eu­ros; les investisseurs ne lui ont prêté que 2,4 milliards. Le gouvernement s’efforce néanmoins d’assainir les finances publiques. Objectif: ramener le déficit à 6,3% cette année, à 4,4% en 2012 et à 3% en 2013.

Mais les marchés n’y croient pas (encore). Politiquement, le gouvernement de Zapatero est affaibli. Et l’économie ne devrait, selon l’OCDE, connaître qu’une croissance anémique de 0,9% cette année et de 1,8% en 2012 alors que le taux de chômage est de 20%, le plus élevé en Europe. Le premier moment de vérité, ce sera le 13 janvier, date d’une émission obligataire, la première d’une longue série.