C’est seule dans un bureau vide, à côté d’une cafétéria fermée et d’affiches placardées sur les murs concernant les consignes sanitaires, que Jennifer Segui, 47 ans, a dit au revoir à son job après vingt ans de loyaux services. «Ça m’a mis le moral à zéro, j’avais l’impression d’avoir fait quelque chose de mal. J’ai fait un selfie avant de partir dans les bureaux vides, et j’ai laissé mon badge sur la table, en me disant que c’était peut-être la dernière fois que je voyais ces locaux.»

Son départ, cette journaliste qui travaillait pour le magazine Femina l’avait imaginé autrement quand elle a démissionné au mois de janvier 2020. «Je connaissais beaucoup de monde, après tant d’années. Je pensais faire un super apéro», raconte-t-elle. L’apéritif se fera quand même, mais en visioconférence, avec des surprises de ses collègues qui lui «font chaud au cœur». Puis en septembre, avec quelques collègues dans un bar. Mais ce n’est pas tout à fait pareil.