Téléphonie

Le monde «ne peut pas se passer» de Huawei, selon son fondateur

Le fondateur de l'opérateur chinois Ren Zhengfei a dénoncé la volonté de Washington de contrer la croissance de son entreprise

Le monde «ne peut pas se passer» des technologies développées par le géant chinois des télécoms Huawei, a affirmé son fondateur dans un entretien publié mardi. «Les Etats-Unis ne pourront pas nous écraser», a déclaré Ren Zhengfei dans un entretien avec la chaîne de télévision britannique BBC. «Le monde ne peut pas se passer de nous car nous sommes plus avancés» que la concurrence.

Ren Zhengfei, 74 ans, a par ailleurs jugé «politique» l'arrestation en décembre de sa fille Meng Wanzhou, la directrice financière du groupe. Accusée par Washington de complicité de fraude pour contourner les sanctions contre l'Iran, elle est en liberté surveillée au Canada, d'où elle risque une extradition vers les Etats-Unis.

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«Nous nous opposons à cela», a-t-il déclaré. «Mais maintenant que nous sommes engagés dans cette voie, nous allons laisser les tribunaux régler le problème.»

Des soupçons de vol de secrets commerciaux 

D'ordinaire discret, Ren Zhengfei a dû sortir de l'ombre ces derniers mois face aux pressions croissantes subies par son entreprise. Celle-ci est soupçonnée dans certains pays d'avoir des liens potentiels avec les services de renseignements chinois. Elle est également la cible d'une intense campagne de Washington, qui veut convaincre ses alliés de renoncer à utiliser les équipements de Huawei.

L'année dernière, plusieurs pays, dont l'Australie et les États-Unis, ont interdit à la firme chinoise de participer au déploiement de la 5G, la cinquième génération de réseaux mobiles. La Nouvelle-Zélande a, quant à elle, refusé une première demande du principal opérateur du pays pour être autorisé à utiliser des équipements du groupe chinois.

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Le ministère américain de la Justice a par ailleurs accusé Huawei de vol de secrets commerciaux et d'avoir délibérément appliqué un système de primes pour encourager le vol de secrets technologiques d'entreprises rivales.

Un appui venu du Royaume-Uni

Ren Zhengfei s'est dit confiant quant à l'avenir de son entreprise. «Si les lumières s'éteignent en Occident, l'Orient brillera toujours», a-t-il philosophé. «L'Amérique ne représente pas le monde».

«Même s'ils arrivent à convaincre davantage de pays de ne pas nous utiliser temporairement, nous pouvons toujours réduire nos effectifs et devenir plus petits.»

Les Etats-Unis pourraient par ailleurs ne pas réussir à convaincre tous leurs alliés de renoncer aux équipements du géant chinois. Le service de renseignement britannique pour la cybersécurité (NCSC) a ainsi estimé possible de limiter les risques liés à l'utilisation dans la 5G d'équipements de Huawei, a indiqué lundi le Financial Times.

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«D'autres pays pourront soutenir que si le Royaume-Uni est convaincu de la capacité de limiter les risques pour la sécurité nationale, alors ils peuvent également rassurer l'opinion et l'administration américaines sur le fait qu'ils agissent avec prudence pour permettre aux opérateurs télécoms d'utiliser des composants chinois», selon une source citée par le quotidien.

Approche auprès de la Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande, l'opérateur télécoms Spark discute actuellement avec les autorités pour tenter d'apaiser leurs craintes concernant l'usage d'équipements Huawei pour développer le réseau 5G national, a indiqué mardi la Première ministre Jacinda Ardern.

En novembre, les services de sécurité néo-zélandais avaient interdit à l'entreprise d'utiliser ces équipements, invoquant des «risques significatifs pour la sécurité nationale». Mais Jacinda Ardern a précisé mardi que Huawei n'avait «jamais» été définitivement écarté du déploiement du réseau 5G.

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