Au XVIIIe siècle, David Ricardo a expliqué comment les pays ont intérêt à se spécialiser pour profiter du commerce international. Ils doivent utiliser ce qu'il appelle leur «avantage comparatif». Cette théorie a longtemps dominé l'analyse du commerce, mais Paul Krugman l'a remise en cause, en observant les faits qui contredisaient l'économiste anglais. Dans sa note explicative, le jury qui a attribué lundi le Prix Nobel à l'économiste américain relève que la Suède produit des Volvo. Pourtant, ces voitures paraissent peu différentes des BMW. La spécialisation ne joue donc pas.

A la fin des années 1970, Paul Krugman propose un nouveau modèle pour décrypter le commerce international. Son approche s'appuie sur l'importance des économies d'échelle tirées de la production de masse. Il complète son modèle par la prise en compte des attentes des consommateurs. Une fois nourris et logés, ils veulent de la diversité. Le commerce peut donc, selon le professeur de Princeton, non seulement se développer entre pays qui sont différents, mais aussi qui se ressemblent. Une Volvo, c'est presque une BMW, mais pas tout à fait.

Pour Paul Krugman, la mondialisation ne crée pas de chômage, à condition que les nations jouent le jeu de la flexibilité, et que l'Etat en atténue le coût social.