Le Mondial qatari cible de nouvelles accusations

Corruption Un Emirati aurait dépensé 5 millions pour que son pays organise la Coupe en 2022

«Le Qatar a gagné le Mondial 2022 en respectant les règles», assurait au Temps Hassan al-Thawadi, président du comité chargé d’organiser la compétition. C’était début avril. Deux mois plus tard, et alors que le Mondial brésilien est sur le point de commencer, de nouvelles révélations tendent à prouver le contraire. Et à discréditer un peu plus encore l’attribution de la 22e Coupe du monde de football à l’émirat gazier.

Selon une enquête du Sunday Times publiée dimanche, Mohamed bin Hammam, un ancien haut responsable du football qatari, a déboursé plus de 5 millions de dollars (4,5 millions de francs) pour obtenir le soutien de représentants du football international à la candidature de son pays. Le journal britannique indique être en possession de milliers de courriels et d’autres documents attestant de présumés versements d’argent effectués par Bin Hammam, alors membre exécutif de la Fédération internationale de football association (FIFA) pour le Qatar. Celui-ci a été suspendu à vie de l’organisation en 2012, déjà pour une affaire de corruption.

Selon l’hebdomadaire, qui met en ligne une trentaine de courriels, Bin Hammam, qui était également président de la Confédération de football asiatique, se servait de caisses noires pour verser de l’argent à des personnalités du football mondial afin d’obtenir un soutien à la candidature du Qatar.

Pour Sepp Blatter, le Qatar n’a pas acheté la compétition

Le Qatar a mis quelques heures hier avant de réagir via un virulent démenti. «A la suite d’articles de presse d’aujourd’hui, nous nions avec véhémence toutes les allégations de mauvaise conduite», écrit le Comité de candidature dans un communiqué, ajoutant que «toutes les mesures nécessaires pour défendre l’intégrité de la candidature du Qatar» seront prises. Ses avocats «sont en train d’examiner cette question», ajoute le texte.

Le Qatar a obtenu le Mondial 2022 «parce que c’était la meilleure offre et qu’il était temps pour le Moyen-Orient d’organiser sa première Coupe du monde», conclut le comité.

Ces nouvelles révélations surviennent deux mois après que le Daily Telegraph eut affirmé que Jack Warner, vice-président de la FIFA jusqu’en juin 2011, ainsi que des membres de sa famille auraient reçu environ 1,43 million d’euros d’une entreprise qatariote détenue par Mohamed bin Hammam.

Surtout, elles interviennent deux semaines après que Sepp Blatter, grand patron de la FIFA, a reconnu que l’organisation de l’événement au Qatar était «une erreur». Invité par la TSR, le Haut-Valaisan avait alors fait allusion aux fortes chaleurs rendant impossible l’organisation de la compétition en été. Interrogé sur le fait que l’émirat ait pu «acheter la Coupe du monde», il avait alors répondu par la négative, arguant qu’il ne pouvait éviter que des pressions politiques ne soient exercées.