Monnaies

La monnaie dévaluée du Venezuela qui s'attaque à l'hyperinflation est introduite ce lundi 

Le Venezuela est confronté à une inflation estimée à 49 000% par Steve Hanke, professeur et spécialiste de l'hyperinflation. Pour sortir de la crise, le gouvernement Maduro introduit lundi une nouvelle monnaie. Le taux de conversion sera de 100 000 anciens bolivars pour un nouveau «souverain». Un changement crédible?

Le Venezuela traverse une profonde crise économique qui se traduit par une forte inflation. Steve Hanke, spécialiste de l'hyperinflation et ancien conseiller monétaire de nombreux gouvernements ayant traversé une crise monétaire, comme la Yougoslavie au début des années 1990, estime le renchérissement à 48 760%. C'est un niveau record après une hausse considérable ces trois dernières années.

Dans un article pour le magazine Forbes, Steve Hanke écrit que la réforme qui est introduite ce lundi et qui s'attaque à l'hyperinflation n'atteindra pas son but.

Le changement se traduit par la suppression de cinq zéros. 100 000 anciens bolivars donnent droit à un nouveau «souverain», lequel ne vaut que 1,5 cent américain.

Lien avec une cryptomonnaie

La réforme établit aussi un lien entre la monnaie locale et le «petro», une cryptomonnaie dont le niveau est fonction du cours du pétrole. Or le petro est un actif financier lié à une matière première et son fonctionnement est hautement critiqué, selon l'expert américain. Pour l'économiste américain, ce n'est qu'un changement de façade et non un autre régime monétaire. Il n'y a aucune raison pour que l'inflation diminue.

La monnaie du Venezuela a chuté dans l'anticipation de la réforme. Il en est résulté un écart gigantesque entre le taux de change officiel (248 521 bolivars pour un dollar) et le cours sur le marché noir (6,670 079 millions de bolivars pour un dollar). La prime entre le cours réel, celui du marché noir, et le taux officiel atteint donc 2584%.

Le record d'hyperinflation n'appartient toutefois pas (encore) au Venezuela. En 1946, en Hongrie, la hausse des prix s'était élevée à 207% par jour. A l'époque, le gouvernement avait une réforme qui supprimait 29%, mais en vain.

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