Les systèmes d'échange locaux ont fasciné, à droite comme à gauche

Les systèmes d'échange locaux (SEL) parallèles à l'économie de marché traditionnelle seraient apparus dans les années 30 et se sont développés au Canada dans les années 80. Ces associations locales, souvent à but non lucratif et d'inspiration antilibérale, devaient permettre de procéder à des échanges sans avoir recours à l'argent privé, trop rare ou considéré comme inégalitaire. Ces systèmes, basés sur la notion de valeur objective du travail chère à Karl Marx, ont intrigué les économistes de gauche comme de droite. L'ancien président du parti français Démocratie Libérale et ex-militant d'extrême droite Alain Madelin louait à sa manière les vertus de ces cercles dans son livre, Quand les autruches relèveront la tête: «Produire, échanger, en marge des contraintes administratives, sans prélèvements obligatoires, avec, pour couronner le tout, la réinvention d'une banque libre!»

L'application concrète de ce concept n'a pas toujours été sans peine. En 1996 par exemple, un adhérent français à un de ces clubs s'était vu dénoncer par son voisin parce qu'il avait obtenu l'aide de deux personnes pour réparer son toit. L'homme avait été poursuivi pour travail clandestin et utilisation de travailleurs clandestins.

Condamné en première instance, il a été relaxé en cours d'appel, offrant une jurisprudence souvent évoquée par les défenseurs des systèmes d'échanges.

Il en existerait plus de 700 dans le monde dans 40 pays, selon l'association française SEL'idaires. Celle-ci organise des bourses, deux à trois fois par année, où biens et services se négocient en «graines», la monnaie virtuelle en usage dans ce SEL.