«Je n'ai jamais proposé la nomination d'un Monsieur ou d'une Madame Euro à la fin de l'année.» Le président de l'Eurogroupe, le ministre belge des Finances Didier Reynders, a fait marche arrière toutes lundi après le tollé soulevé par sa proposition de charger un «Monsieur Euro» de défendre les intérêts des Etats membres de la zone dans les enceintes internationales telles que le G8 ou le FMI. La nomination d'un «Monsieur Euro» est «une piste possible», a précisé Didier Reynders, en rappelant que l'Union européenne (UE) disposait déjà avec Javier Solana d'un haut représentant pour sa politique étrangère. «Après un an d'expérience de la zone euro, il faudra peut-être ouvrir la réflexion», a-t-il ajouté, en soulignant que la priorité devait aller au renforcement de la structure informelle de l'Eurogroupe.

L'initiative de Reynders a, de fait, du plomb dans l'aile. Le président de la Banque centrale européenne, Wim Duisenberg, y a opposé une fin de non-recevoir en rappelant la semaine dernière que son institution est seule responsable de la représentation externe de l'euro. Il n'est pas d'ailleurs pas le seul à se méfier de ce qui est susceptible de faire ombrage à la BCE, dont la sacro-sainte indépendance est gravée dans le marbre des traités européens.

«Je suis favorable à tout ce qui peut améliorer la cohésion de la zone euro, affirme le ministre français des Finances, Laurent Fabius, mais il ne me paraît pas nécessaire de créer une autre structure à ce stade.» Un avis partagé par les autres membres de l'Eurogroupe, un diplomate reconnaissant pudiquement que l'initiative de Reynders suscite «d'assez fortes réticences».