Vieillesse

Monsieur Prix tire à boulet rouge sur les tarifs des EMS

Le surveillant des prix Stefan Meierhans dénonce l’opacité qui règne autour des tarifs de séjour facturés par les établissements médico-sociaux. Il appelle les autorités à renforcer les règles et les contrôles

Opaques, arbitraires, illicites et abusives. Les mots du surveillant des prix sont forts pour qualifier les méthodes de fixation des tarifs des établissements médico-sociaux (EMS). Dans sa ligne de mire: les frais de séjour, hôtellerie et assistance, qui ne sont pas liés aux soins et sont entièrement à la charge des résidents, précise Stefan Meierhans dans son bulletin envoyé vendredi.

«Contrairement aux tarifs des soins, qui sont réglementés, les EMS peuvent librement fixer ces taxes», indique Monsieur Prix au Temps. Cette absence de cadre législatif, doublée d’un manque de contrôle par les cantons et les communes, conduit à de fortes disparités régionales.

Du simple au double

En Valais le tarif moyen journalier est de 121,60 francs, contre 227,40 francs à Genève. Soit un écart de 87%, sans que le résident sache réellement à quoi sont affectés ces coûts supplémentaires, souligne Stefan Meierhans. Les écarts peuvent aussi être très importants au sein d’un même canton, comme à Zurich où les prix varient d’à peine plus de 100 francs par jour pour l’établissement le moins cher, jusqu’à 455 francs dans l’EMS le plus cher.

«C’est d’autant plus inacceptable que les résidents ne peuvent souvent pas choisir l’établissement qui va les accueillir», dénonce Stefan Meierhans. Notamment dans certaines vallées isolées, qui ne comptent qu’un EMS pour plusieurs localités.

Compenser le prix des soins

«Les bénéfices excessifs réalisés par ce biais sont ensuite utilisés pour subventionner les soins déficitaires, ce qui constitue une pratique illicite», dénonce Stefan Meierhans. Et ce bien souvent même dans les EMS publics, constate-t-il après avoir passé en revue 1417 EMS, soit 91% du total de 1552 établissements du pays. Ce, suite à des plaintes outre-Sarine.

Monsieur Prix appelle à corriger «de toute urgence une situation empreinte d’arbitraire» en définissant à l’échelle nationale une méthode uniforme de calcul des coûts tout en instaurant un système de surveillance par les cantons.

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