Gestion d'actifs

La montée en force de BlackRock en Suisse

Le leader mondial de la gestion n’est pas qu’un leader des ETF. Il se rapproche de Pictet dans les fonds de placement, détient un grand nombre de participations dans des sociétés suisses. Et il accroît sa présence à Genève

Chaque geste de BlackRock est scruté par la communauté financière tant il produit de profonds effets sur la scène financière. Son poids est tel dans la gestion d’actifs: 4890 milliards de dollars.

Le poids considérable du gérant d’actifs doit toutefois être relativisé afin d’éviter les théories du complot et une lecture erronée des chiffres. Les 4890 milliards sous gestion, qui correspondent à des capitaux confiés par les clients, sont trop souvent comparés au PIB américain (18 000 milliards). Or BlackRock ne produit pas 27% du PIB. Le premier chiffre fait référence à un stock à un moment précis et le PIB à un flux de services produits en une année. Le chiffre d’affaires de BlackRock est de 11,4 milliards (0,06% du PIB)!

49% du marché européen des ETF

L’ascension de BlackRock dans le capital des sociétés suisses n’est pas aisé à suivre. Le groupe de Larry Fink ne publie pas ses actifs sous gestion par pays. De plus, il est à la fois le leader incontesté de la gestion indicielle et du marché des ETF (48,9 % du marché en Europe en juillet), mais aussi un gérant de fonds de placement actifs, c’est-à-dire des fonds cherchant à s’éloigner du comportement d’un indice. Il est donc possible que son augmentation d’une participation soit le reflet de sa stratégie par pays ou par branche et non pas une appréciation positive ou négative d’une entreprise.

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Nouveaux bureaux à Genève

Il est toutefois possible de connaître la part de marché du groupe dans les fonds de placement suisses. Elle s’élève maintenant à 5,01%, soit 51,8 milliards de francs, selon les dernières statistiques de la Swiss Funds & Asset Management Association (SFAMA). Elle occupe ainsi le cinquième rang, derrière Pictet (5,75%). A la fin décembre 2015, la part de marché du groupe américain s’élevait à 4,7% avec 42,15 milliards. Ce gain de 23 % depuis la fin décembre n’est pas mince sur un marché suisse de 900 milliards de francs en quasi stagnation cette année (+1%). Il se fait notamment au détriment des deux grandes banques et de GAM.

La réussite de BlackRock et de ses ETF (iShares) l’amène à louer de plus grands espaces de bureaux pour ses 13 000 employés. C’est vrai à New York comme ailleurs. Le groupe a d’ailleurs convié la presse genevoise le 30 août afin de présenter ses nouveaux locaux au bout du lac. En Suisse, sa gamme de produits s’est encore élargie cette semaine. En Suisse, iShares a annoncé lundi qu’il enrichississait de quatre ETF son offre de produits cotés en bourse suisse (actions émergentes durables, actions américaines durables, hypothèques titrisées aux Etats-Unis, obligations américaines à haut rendement).

4,5% de Nestlé 

En bourse suisse, son rôle est indiscutable. Les passages de seuils de participation au capital que chaque actionnaire doit annoncer à la bourse suisse permettent de suivre les faits et gestes quotidiens de ce géant de la gestion. Cet été, il s’est souvent agi de réductions de positions. Au début de l’été, le gérant d’actifs avait réduit les actions européennes de «neutre» à «sous-pondéré». Cela n’est pas passé inaperçu dans le capital des groupes suisses. Le magazine «Cash» avait déjà relevé ses prises de bénéfices intervenues au sein de LafargeHolcim, Swiss Life et Swiss Re. Le groupe détient maintenant 2,96% de LafargeHolcim, 4,78% du groupe de prévoyance et 4,65% du groupe de réassurance, selon SIX.

Il est également possible de comprendre la stratégie du groupe new-yorkais à travers les rapports mensuels de ses fonds de placement sur actions suisses. BlackRock dispose par exemple d’un fonds UCITS sur les petites et moyennes capitalisations suisses qui surperforme largement l'indice de référence. Ses principales participations sont Partners Group, Schindler, Lonza, Sika,Tecan et Straumann.

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La liste des réductions de positions publiées auprès de SIX comprend aussi Julius Baer, Clariant, Galenica, Ascom, Aryzta, GAM. Par contre, les mérites de Nestlé n’ont pas échappé aux gérants américains. La participation a été accrue à 4,57%.

BlackRock possède actuellement 5% de Logitech, Adecco, environ 4,75% de Sika, GAM, 4,5% de Julius Baer, Nestlé, Rieter

La participation atteint environ 3% du capital de LafargeHolcinm, Clariant, Georg Fischer, Temenos, Forbo, Galenica, Barry Callebaut, VAT Group. BlackRock vient précisément d’entrer dans VAT, un fabricant de soupapes à vide qui profite d’une forte croissance dans les semi-conducteurs, les écrans plats et le solaire.

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