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La montre à paiements de Swatch est plus simple à vider qu’à recharger

La Swatch Bellamy, lancée la semaine dernière en Suisse, est d’une facilité d’utilisation assez grisante. Le système de prépaiement manque toutefois de fluidité. Des améliorations sont déjà promises

Pas de chichis. De prime abord, la Bellamy est une Swatch comme les autres. L’emballage est en carton, la boîte en plastique. La montre elle-même est également dans la lignée des milliers de modèles déjà imaginés par la marque Swiss made la plus populaire de la planète. Pour l’instant, la Bellamy existe en trois modèles simples: bleu, blanc ou noir. Son prix 105 francs.

Mais cette Swatch n’est pas comme ses précédentes. Sur le passant de son bracelet apparaît le logo de Visa, le géant mondial des cartes de crédit, ainsi que le symbole de la connexion sans fil, dessin semblable à celui qui symbolise le Wifi.

Sauf qu’il ne s’agit pas de Wifi. Ce logo signale la présence d’une puce et d’une antenne NFC à l’intérieur de la montre. NFC, pour «near field communication», ou communication en champ proche.

Plus de 100 000 terminaux sans contact

Car la Swatch Bellamy produit des ondes. Ce n’est pas une montre connectée, c’est une montre à paiements qui, comme l’immense majorité des cartes de crédit, peut être utilisée sur les terminaux de paiement sans contact des commerces qui en ont installé. On compte déjà plus de 100 000 de ces terminaux «sans contact» dans le pays, soit deux tiers des appareils en circulation, selon les dires de Visa. A noter que la Bellamy peut aussi être utilisée à l’étranger.

Comment cela fonctionne-t-il? D’abord, la mise en route. Sur le site de Cornèrcard, l’autre partenaire de Swatch pour le marché suisse, l’enregistrement se fait en quelques minutes à l’aide de son smartphone – sur lequel on reçoit des codes de confirmation – et des numéros de série inscrits sur la carte «ID Card» reçue avec la montre. Le compte est ouvert auprès de l’émetteur tessinois de cartes de crédit. Il n’est donc pas nécessaire de posséder ou d’activer un compte auprès de Visa ni d’un autre opérateur concurrent.

Une fois la procédure d’activation terminée, un code NIP nous est communiqué via un appel automatique. Ce code à quatre chiffres ne servira que de manière occasionnelle, lorsqu’un paiement en magasin dépasse 40 francs. Jusqu’à ce montant, le paiement est automatique. La limite maximale de chargement et de paiement est de 2500 francs par année. La somme maximale par transaction est fixée à 1000 francs.

Patience et frais annexes

Il y a tout de même un bémol. Avant de pouvoir utiliser la montre, il faut se montrer patient. A partir du moment où le compte est activé, il faut attendre plusieurs jours avant de recevoir les instructions de paiement par courrier. Pour recharger la montre, il suffit ensuite de payer par e-banking ou par bulletin de versement. Mais là aussi, il faut patienter encore un ou deux jours, avant que la transaction ne soit enregistrée.

Jeudi, lors du lancement de la Bellamy à Zurich, ces lenteurs ont été également été soulignées par plusieurs autres journalistes qui, comme nous, avaient testé la montre quelques jours auparavant. Des critiques attisées par le fait que l’autre défaut du système Bellamy est aussi une conséquence directe de ce système de prépaiement: les frais annexes. L’activation et la première recharge coûtent 5 francs. Les recharges suivantes, 3 francs. La requête du code NIP est facturée 2 francs, tandis que la consultation du solde par SMS – gratuite sur Internet – coûte 60 centimes.

De leur propre aveu, les responsables de Visa et de Cornèrcard s’attendaient à de tels retours. Les deux sociétés financières travaillent d’arrache-pied pour rendre le système plus fluide, ont-ils assuré. Stefan Holbein, patron de Visa en Suisse, a invoqué des freins techniques et réglementaires pour justifier, pour l’instant, le choix d’un système de prépaiement. «Dans quelques mois, a aussi promis Alessandro Seraivo, le patron de Cornèrcard, il sera possible de charger son compte de manière instantanée sur un portail en ligne.»

Lire aussi: Avec sa montre à paiements, Swatch veut «bouleverser les habitudes»

Deux secondes tout au plus

Si sa gestion mérite quelques améliorations, la Bellamy est, il faut le reconnaître, parfaite à l’utilisation. Les paiements sont réalisés en deux secondes tout au plus. Et il n’y a pas besoin de coller sa montre au terminal. Comme promis, elle fonctionne à une distance de 10 ou 15 cm. Les transactions sont donc rapides, efficaces et – c’est l’objectif principal – résolument pratiques. Le porte-monnaie et le smartphone deviennent inutiles. L’expérience est, à vrai dire, assez grisante.

«C’est une vraie montre?» «Comment c’est possible?» Ou encore: «Vous avez vraiment payé?» Lors de nos achats tests, nous avons surtout passé du temps à contenter la curiosité des caissiers et des autres clients.

Mais si Swatch réussit son coup, en démocratisant ces fonctionnalités, la Bellamy n’étonnera plus personne. Les montres à paiement seront devenues monnaie courante.

Lire aussi l’interview de Nick Hayek: «Pourquoi s’adresser à des Américains ou des Asiatiques pour fabriquer des montres connectées?»

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