Horlogerie

Avec sa montre à paiements, Swatch veut «bouleverser les habitudes»

La Bellamy est lancée en Suisse en collaboration avec Visa et Cornèrcard. Elle coûte 105 francs et pourrait aider à démocratiser les paiements sans contact

Neuf mois après avoir lancé sa Bellamy en Chine, Swatch a donné jeudi officiellement le coup d’envoi de sa montre à paiements sur le marché suisse. «Nous voulons bouleverser les habitudes», a lancé, une Bellamy à chaque poignet, Carlo Giordanetti, le directeur de la création de Swatch, lors d’une conférence de presse à Zurich.

Cette montre, dite «pay-by-the-wrist» (paiement par le poignet), permet donc de payer sans contact. Elle dissimule sous son cadran une puce – pour les données de paiement – ainsi qu’une antenne NFC qui communique par ondes radios avec les terminaux de paiement à une dizaine de centimètres de distance.

Tous les terminaux seront équipés d’ici à 2020

Si en Chine, Swatch s’est rapproché d’Union Pay, elle a conclu un partenariat avec Visa pour le reste du monde. Le Brésil sera le troisième marché dans lequel la montre sera lancée à l’occasion des Jeux Olympiques. Pour la Suisse, la marque s’est aussi entourée de Cornèrcard, l’émetteur de cartes de crédit basé à Lugano qui a été le premier à introduire Visa dans le pays, en 1975.

Lire aussi: Swatch s’allie à Visa pour sa montre à paiements

Aujourd’hui, 40 ans plus tard, environ deux tiers des terminaux de paiement installés en Suisse permettent de payer sans contact avec une carte de crédit. Il y en a plus de 100 000 dans le pays, selon les estimations de Stefan Holbein, le patron de Visa pour la Suisse.

Mais d’ici à 2020, «notre mandat exige que 100% des terminaux en Europe soient équipés de cette fonction». Globalement, indique-t-il aussi, 11% des transactions enregistrées par Visa sont des paiements sans contact.

Comme une carte prépayée

Le système devrait évoluer mais pour l’instant – pour des questions techniques et réglementaires, la Bellamy fonctionne comme une carte prépayée. Les détenteurs d’une montre doivent s’inscrire auprès de Cornèrcard puis charger leur montre en effectuant un virement depuis un de leur compte bancaire.

Le montant maximal de chargement est fixé à 2500 francs par an. Pour les paiements d’un montant supérieur à 40 francs, la saisie d’un code PIN est requise sur le terminal du magasin.

Pour l’heure, trois modèles (noir, blanc et bleu) sont disponibles à la vente, au prix de 105 francs. Swatch ne dit pas combien il envisage d’en vendre. Mais Carlo Giordanetti a assuré que d’autres modèles seraient bientôt disponibles.

Il n’a pas non plus exclu que la technologie NFC soit utilisée par d’autres marques de Swatch Group. Il n’a par contre pas dit quand, ni de quelle manière les Tissot, Longines, Omega ou autres Blancpain pourraient utiliser la communication à distance.

Lire aussi l’interview de Nick Hayek: «Pourquoi s’adresser à des Américains ou des Asiatiques pour fabriquer des montres connectées?»

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