Trois ans après avoir été reprise par un groupe d'investisseurs privés, la société horlogère Bertolucci vient une nouvelle fois de changer de propriétaire. Marc Bernhardt, entré dans l'entreprise en août de cette année, a confirmé au Temps le rachat de la société Bertolucci «par un grand groupe étranger», mais se refuse pour l'heure à d'autres précisions. Selon d'autres sources, la transaction a été réalisée il y a une quinzaine de jours, et l'acheteur ne serait autre que le groupe Dickson Concept International Limited, basé à Hongkong et actif notamment dans la distribution de nombreux produits de luxe.

Emmené par Andreas Gembler et Jean-Paul Gaillard, le consortium d'investisseurs privés qui avait repris en 2001 la société des mains du fondateur, Remo Bertolucci, ne paraît pas avoir été en mesure de concrétiser les espoirs placés dans la marque neuchâteloise. Les événements extérieurs (SRAS notamment) n'ont pas favorisé le développement de la société horlogère, qui était essentiellement présente en Asie (Japon et Singapour en premier lieu) et aux Etats-Unis.

Petites marques en difficulté

Jean-Paul Gaillard, managing director de Bertolucci depuis 2001, a quitté la société au milieu de cette année. Andreas Gembler, encore administrateur et président selon l'inscription au registre du commerce, est également sur le départ. Ces deux anciens respectivement de Nespresso et de Philip Morris International n'avaient pas caché leurs ambitions lors de la reprise de la société: internationalisation de la marque, doublement de la production (située alors à quelque 10 000 montres par an). Le consortium d'investisseurs prévoyait également d'autres acquisitions pour créer un pôle de luxe. L'échec de cette stratégie démontre une nouvelle fois la difficulté, pour de petites marques indépendantes ne disposant pas de produits réellement originaux ou d'une image forte, de véritablement percer sur le marché face à des groupes ou concurrents puissants.

La société Bertolucci sous-traite une grande partie du processus de production et compte actuellement une quinzaine de collaborateurs, contre 25 il y a trois ans. Sa production est estimée aujourd'hui à moins de 10 000 pièces par an pour un chiffre d'affaires avoisinant les 15 millions de francs.

Le nouvel acquéreur, Dickson Concept International Limited ou l'une des ses filiales, est un important groupe de distribution en Asie. Il avait repris en 1987 la société français S.T. Dupont, numéro un mondial du briquet de luxe.