Horlogerie

Les montres connectées n’intéressent pas les jeunes Suisses

Un sondage révèle l’indifférence des 18-25 ans aux smartwatches. A valeur égale, trois quarts des jeunes Suisses interrogés préfèrent acheter une montre classique

Ce n’est peut-être qu’une question de temps. Mais pour l’heure, les Apple Watch, Samsung Gear et autres Pebble n’ont pas réussi à gagner le cœur des jeunes Suisses. Et ne semblent, du coup, pas près non plus d’habiller leurs poignets.

Près de 60% des personnes suisses ou résidents en Suisse âgés de 16 à 25 ans se déclarent peu ou pas du tout intéressés par les smartwatches. A valeur égale, trois quarts d’entre eux préféreraient s’acheter une montre classique.

Lire aussi: Les smartwatches en dix questions

Cette question a été posée à un millier de jeunes, dans le cadre d’un sondage de MIS Trend mandaté par les organisateurs du salon EPHJ- EPMT- SMT. L’intégralité des résultats sera présentée ce mardi matin à Palexpo, à l’occasion de l’ouverture du rendez-vous annuel des sous-traitants de l’horlogerie, de la joaillerie, de la medtech et des microtechnologies.

Les Romands encore moins

Serait-ce parce que les entreprises horlogères sont encore plus nombreuses en Suisse romande qu’en Suisse alémanique? En tout cas, selon les extraits du sondage que Le Temps a pu consulter, les francophones du pays sont encore moins intéressés que les germanophones. De l’autre côté de la Sarine, la note moyenne des répondants atteint 4,8 points – sur une échelle d’intérêt allant de 1 à 10. C’est peu, mais c’est plus que les 4,4 points récoltés en Suisse romande.

Chez les hommes, ils sont 54% à se déclarer peu ou pas intéressés. Et ils sont un quart à montrer un fort intérêt. Les femmes, elles, sont insensibles à l’effet des smartwatches à hauteur de 64%, tandis que 15% d’entre elles affirment être séduites par le concept.

Le sondage fait également apparaître que l’attrait pour les montres connectées ne dépend pas du niveau de vie. Les sondés issus de foyers modestes et ceux ayant grandi avec davantage de moyens affichent le même degré d’intérêt: faible, avec 57% de répondants qui ne s’y intéressent pas.

Un raz-de-marée de montres connectées est annoncé depuis plus de deux ans. Pourtant, les résultats de cette étude réalisée en Suisse rappellent ceux obtenus à l’issue de précédents coups de sonde. Un questionnaire réalisé en 2015 par le cabinet spécialisé CCS Insight avait par exemple montré que 75% des répondants – au nombre de 4000, en Chine, au Royaume-Uni, au Brésil et aux Etats-Unis – connaissaient l’existence des smartwatches. Mais ils n’étaient que 3% à en posséder une.

Pas de cadeaux

Cette indifférence relative a une conséquence directe: en Suisse, ils sont aussi très peu nombreux à s’attendre à recevoir une smartwatch en cadeau ou à en offrir une. Trois quarts des 1014 jeunes estiment que la probabilité est faible, voire très faible, au cours des deux prochaines années. Les convaincus, eux, ne sont que 10%.

Dans un avenir plus lointain? Ils sont encore six sur dix à juger que la probabilité est faible. Ils sont tout de même 22% à croire fermement que les montres connectées feront partie des cadeaux inévitables, un jour ou l’autre.

C’est aussi l’avis d’une majorité d’analystes. Les estimations sont multiples et variées, mais selon la société zurichoise Smartwatch Group, le marché des smartwatches aura presque décuplé, entre 2014 et 2020, pour atteindre 117 milliards de dollars. A en croire ces prévisions, dans quatre ans, une montre sur deux sera connectée sur la planète.

Lire aussi notre test: TAG Heuer contre Samsung, deux montres connectées face à face


Le salon EPHJ fait le plein

La 15e édition du salon de la sous-traitance horlogère, joaillière, médicale et microtechnologique réunit, dès mardi, presque 900 exposants à Genève.

Pour la quinzième fois, le salon EPHJ-EPMT-SMT rassemble pendant une petite semaine des centaines de professionnels de la sous-traitance. A Palexpo à partir de ce mardi 14, et jusqu’au 17 juin, 881 exposants seront présents. C’est quatorze de plus que l’an dernier.

«Nous ne sommes plus très loin de notre capacité maximum, annonce l’un des responsables de la manifestation, Barthélémy Martin. Nous notons une progression de l’horlogerie et une croissance sensible des acteurs du medtech.» Les sociétés totalement ou partiellement actives dans les techniques médicales seront au nombre de 285. La plupart des exposants restent néanmoins issus de l’horlogerie et de la microtechnologie.

Huit exposants sur dix sont des entreprises suisses. Le canton de Neuchâtel compte 160 représentants, contre 110 pour Genève, 89 pour Vaud ou 76 pour le Jura. En 2015, quelque 20 000 visiteurs professionnels en provenance de 62 pays avaient été enregistrés.

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