Pas d’exception pour l’horlogerie. Le secteur n’a pas été épargné par les chiffres rouges qui ont caractérisé le commerce extérieur helvétique en 2015. Les exportations de montres ont reculé de 3,3%, pour atteindre environ 21,5 milliards de francs. Elles tombent ainsi sous la barre des 22 milliards, valeur record atteinte en 2014. La courbe des exportations, négative tout au long de l’année, s’est un peu aplanie fin 2015, d’après les chiffres de la Fédération horlogère publiés mardi.

Jusque-là, rien de surprenant. Cette tendance à la baisse est observée depuis plusieurs mois. En revanche, des différences sont recensées entre les segments de prix. Par exemple dans le cas des montres de milieu de gamme, dont les prix à l’exportation évoluent entre 200 et 500 francs. Entre 2014 et 2015, cette catégorie a dû composer avec un recul d’environ 10%. À titre de comparaison, les montres de luxe (3000 francs et plus) n’ont connu qu’une diminution d’environ 5%. Les exportations de montres bas de gamme (jusqu’à 200 francs) ont, elles, augmenté.

«L’un des meilleurs exercices de l’histoire»

Comment expliquer que les montres de milieu de gamme soient les plus touchées? Selon René Weber, analyste de la banque Vontobel, l’impact des montres connectées est «clairement une explication. L’Apple Watch se situe dans cette même catégorie», justifie-t-il. De plus, cette chute a débuté en avril, soit «juste après le lancement de la montre californienne», ajoute l’analyste.

Les montres connectées en cause? Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération horlogère suisse, avoue s’être posé la question. Mais il nuance: «Les smartwatches se situent plutôt dans la catégorie des produits d’entrée de gamme (0-200 francs). Or, ce segment a connu une augmentation du nombre de pièces exportées!» Ce dernier souligne plutôt l’influence du franc fort et des crises financières en Chine et à Hongkong.

«Le milieu de gamme est particulièrement présent en Asie», relève-t-il. Mais si les exportations horlogères accusent un recul, la fédération horlogère souhaite rappeler que 2015 demeure l’un des meilleurs exercices de l’histoire. «Il y a une baisse, mais ce n’est pas la catastrophe», relativise Jean-Daniel Pasche.

Les statistiques publiées mardi ont d’ailleurs réservé une bonne surprise aux horlogers. Sur les dix branches constituant le commerce extérieur suisse, la bijouterie-joaillerie – vers laquelle se tournent toujours davantage de marques horlogères – a été la seule à enregistrer une augmentation de 6% de ses ventes à l’étranger.