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Avec son robot MX-1, Moon Express compte exploiter les ressources disponibles sur la Lune ou, dans un avenir plus proche, d’envoyer les cendres de ceux qui le souhaitent sur l’astre mort (au prix de 3 millions de dollars par kilo). (Moon Express)

Technologie

Moon Express, nouvelle étape dans la commercialisation de l’espace

L’espace n’est plus le terrain de jeux des seules grandes puissances. La technologie et l’avènement d’ambitieux entrepreneurs aux poches pleines l’ont rendu accessible à des sociétés privées. Moon Express vient de faire une entrée remarquée dans le club

Space X a ouvert la voie avec ses lanceurs Falcon et son vaisseau cargo Dragon capable d’approvisionner la station spatiale internationale. Mais pour une fois, son fondateur, le milliardaire pionnier Elon Musk, a été devancé dans la course à l’espace. Cet été, Moon Express a reçu l’autorisation par la Federal Aviation Administration, l’organe américain de régulation des airs, de voyager au-delà de l’orbite terrestre et de se poser sur la Lune. Une première pour une société privée.

L’entreprise créée en 2010 a trouvé en son cofondateur Naveen Jain un porte-parole à l’enthousiasme contagieux. Sur la chaîne CNBC, cet entrepreneur indien, a paraphrasé la célèbre formule de John Fitzerald Kennedy: «nous décidons d’aller sur la Lune, pas parce que c’est facile, mais parce que c’est un bon business!»

D'importantes ressources

La valeur des ressources disponibles sur le satellite terrestre atteindrait plusieurs milliers de milliards de dollars. Moon Express place beaucoup d’espoirs dans l’hélium 3, un élément rare sur Terre mais au potentiel immense dans le domaine de l’énergie nucléaire. Encore faut-il pouvoir l’exploiter.

Alors dans un avenir plus proche, Moon Express prévoit d’envoyer les cendres de ceux qui le souhaitent sur la Lune. Un cimetière sur un astre mort, logique implacable. Même à 3 millions de dollars (2,90 millions de francs) le transport d’un kilogramme, il y aurait déjà du monde sur liste d’attente. La société espère aussi remporter les 20 millions de dollars du Google Lunar X, un concours consistant à poser un module sur la Lune, lui faire parcourir 500 mètres et filmer des images en haute définition.

La compagnie a déjà son robot, le MX-1, et un contrat en poche avec le lanceur Rocket Lab. Cette start-up néo-zélandaise facturerait 5 millions de dollars par décollage, dix fois moins que le Falcon 9 de Space X affirme Jain. Coût annoncé de la mission prévue dès la fin de l’année prochaine: moins de 10 millions de dollars.

Un secteur en plein boum

Les ambitions de Moon Express illustrent le boum de l’industrie spatiale commerciale. «Au lieu d’une navette, nous allons bientôt avoir trois ou quatre façons différentes d’accéder à l’espace et à des niveaux différents», analyse pour Le Temps, Tariq Malik, du site spécialisé Space.com. Space X et Blue Origin de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, s’échinent à développer des fusées low-cost réutilisables. Virgin Galactic a inventé le tourisme suborbital. Le BEAM, l’habitat spatial gonflable imaginé par l’hôtelier Robert Bigelow, est testé sur la station spatiale internationale. «Ces entrepreneurs ont dit qu’ils croyaient dans cette économie et ils mettent des centaines de millions de dollars sur la table pour la financer», ajoute Malik.

Pour le journaliste, le marché s’est consolidé: «Virgin Galactic a eu un accident fatal en 2014. Les autres sociétés ont aussi connu leur lot de problèmes. Mais elles ont toutes survécu. Quelques années plus tôt, un accident et c’était terminé.»

L’évolution des régulations favorise aussi la prise de risque. Le Space Act of 2015 signé par Barack Obama donne par exemple à une société comme Moon Express un droit de propriété sur tout ce qu’elle ramènera de la Lune, s’éloignant ainsi des principes du Traité de l’Espace en vigueur depuis 1967.

La NASA, qui a abandonné son programme de navettes et concentre l’essentiel de ses ressources sur Mars, accueille avec bienveillance les nouveaux venus. Moon Express a pu tester son robot lunaire au Kennedy Space Center de Floride, là aussi une première.

«Une part importante de notre stratégie consiste à stimuler l’industrie spatiale commerciale en tirant parti de ses capacités à travers des partenariats et de potentiels contrats qui feront baisser le coût des missions», explique à notre journal Jason Crusan, directeur des systèmes d’exploration avancée de l’agence américaine. «L’avenir de l’exploration spatiale passe par le leadership de la NASA et du secteur privé», dit-il. Le dispositif à la mode du partenariat public privé s’exporte donc bien au-delà des frontières terrestres.

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