■ Morgan Stanley, l’une des principales banques d’affaires américaines, a publié mercredi une perte nette fortement creusée pour le deuxième trimestre, à 1,25 milliard de dollars, ce qui est plus mauvais que les attentes du marché, et marque son troisième trimestre consécutif dans le rouge.

Morgan Stanley, qui a remboursé à l’Etat le mois dernier 10 milliards de dollars d’aide reçus à l’automne, a indiqué que son produit net bancaire avait reculé de 11,5%, à 5,4 milliards de dollars. Les pertes à périmètre constant par rapport à l’an dernier s’élèvent à 159 millions de dollars, soit 1,37 dollar par action, alors que les analystes tablaient sur une perte limitée à 49 cents. La banque a notamment perdu 700 millions de dollars dans l’immobilier, et la gestion d’actifs a perdu 239 millions de dollars.

«Nous ne sommes pas satisfaits de notre performance dans certains domaines du courtage et de la gestion d’actifs, et prenons des mesures pour obtenir de meilleurs résultats dans ces activités», a commenté le PDG John Mack, cité dans un communiqué. Il a également souligné que, sans le remboursement des fonds publics et sans la forte augmentation du coût de sa dette, résultant de la baisse de la valeur des obligations qu’elle a émises, la banque aurait été «solidement rentable».

Dans les échanges électroniques avant l’ouverture de la bourse de New York, l’action perdait 4,5%.

■ Wells Fargo en revanche a annoncé mercredi avoir dégagé au deuxième trimestre un nouveau bénéfice net «record», en hausse de 81% à 3,17 milliards de dollars, tiré vers le haut, comme trois mois plus tôt, par la performance de sa nouvelle filiale Wachovia. Rapporté au nombre d’actions, ce résultat correspond à un bénéfice courant de 57 cents, a indiqué l’établissement de San Francisco dans un communiqué. Ce chiffre se situe très au-delà des attentes, calculées hors éléments exceptionnels, des analystes qui tablaient sur 37 cents seulement.

La banque a par ailleurs fait état d’un produit net bancaire (chiffre d’affaires) également historique, en hausse de 28% par rapport au premier trimestre, à 22,5 milliards de dollars. Les activités de Wachovia, banque en difficulté de Charlotte en Caroline du Nord, rachetée au 1er janvier, ont contribué à hauteur de 39% au chiffre d’affaires de l’établissement, a précisé Wells Fargo. Les seules activités de l’«ancien» Wells Fargo ont de leur côté enregistré des revenus de 13,6 milliards de dollars, en hausse de 19% sur un an.

«La solide croissance de nos revenus, du niveau de nos dépôts et de notre bénéfice sur le deuxième trimestre et l’ensemble du premier semestre témoignent de nouveau que la fusion avec Wachovia recèle d’importantes potentialités de génération de capital en interne», a observé le directeur général John Stumpf, cité dans le communiqué. La banque a souligné «être en bonne voie» de réaliser son objectif de 5 milliards de dollars d’économies permises par les synergies avec Wachovia. «Le processus de fusion est en cours», a souligné l’établissement, indiquant que le Colorado serait en novembre le premier Etat américain où les agences de Wachovia prendront les couleurs de Wells Fargo.