Moritz Leuenberger ne perd pas de temps. Son fauteuil de conseiller fédéral à peine refroidi, il commence à cumuler les mandats. Après la présidence de la Fondation suisse aviation, qui émet des recommandations à la compagnie Swiss et à son propriétaire Lufthansa sur des sujets stratégiques, le socialiste zurichois a accepté d’être nommé, en avril 2011, administrateur d’Implenia, la plus grande entreprise de construction du pays.

Implenia a réalisé, au premier semestre 2010, un chiffre d’affaires de 1,06 milliard de francs, en hausse de 2,2%, et un bénéfice d’exploitation (EBITDA) en progression de 25,7%, à 36,6 millions de francs. Implenia ne précise pas l’entier de la nouvelle composition du conseil d’administration, présidé par Anton Affentranger. Il est donc probable que Moritz Leuenberger viendra compléter le cercle de dirigeants déjà composé de cinq économistes ou juristes, et d’un ingénieur, tous de nationalité suisse.

Implenia est engagée dans la fin du chantier du tunnel ferroviaire du Gothard, récemment inauguré par Moritz Leuenberger. La société indique qu’elle désire s’attacher les services du socialiste car «il fait partie des défenseurs les plus compétents du développement durable». L’histoire ne dit pas comment réagira l’ancien conseiller fédéral si, un jour, Implenia est soumissionnaire d’un ouvrage qui refait surface politiquement: la construction d’une deuxième galerie du tunnel routier du Gothard.

Moritz Leuenberger touche, en tant que retraité du gouvernement, une rente de quelque 200 000 francs par an, ce qui correspond à la moitié de son ancien salaire. S’il gagne davantage que son ancien revenu, il devra rétrocéder le surplus à la Confédération. Ses mandats privés ne doivent donc pas lui rapporter plus de 200 000 francs par an s’il entend conserver l’entier de ces nouveaux revenus.