Les soubresauts boursiers ne font pas des dégâts uniquement parmi les investisseurs. Swissquote Group, dont une partie du chiffre d'affaires est réalisée dans l'intermédiation financière en ligne, déchante à son tour. Le groupe, basé à Gland, a annoncé mercredi pour le premier semestre de l'exercice en cours une perte opérationnelle de 12,923 millions de francs. La perte nette s'élève pour sa part à 9,091 millions. Un résultat morose qui tire en partie son explication d'un chiffre d'affaires pour le groupe (6,285 millions) en fort déclin (–10,4%) par rapport au premier semestre 2000. Observées de façon détaillée, les ventes révèlent une érosion aussi bien dans le segment des services financiers en ligne (Swissquote Bank, courtage et publicité) en baisse de 9%, que dans le segment «Web Intelligence» (Marvel Communications) en chute de 12,5%.

Malgré une clientèle en hausse, héritée en partie de BBtrade et annoncée aujourd'hui à environ 10 000 comptes (+18%), le courtier en ligne doit affronter le désenchantement des boursicoteurs dont le nombre annuel de transactions a diminué de 60 en 2000 à 22 au cours du premier semestre 2001. «Nous constatons une corrélation parfaite entre l'évolution du Nasdaq et le nombre de transactions enregistrées, commente Marc Bürki, directeur du groupe. Il nous faut donc, au même titre que les investisseurs, laisser passer l'orage.» Ce dernier s'estime cependant convaincu d'avoir touché le fond au mois de juin avec un nombre annuel de 14 transactions par client. Devant répondre au double défi du déclin des affaires et des exigences actionnariales, Swissquote Group a décidé à la fois de réorienter les activités de Marvel et de se retirer du marché français.

Un allègement des effectifs

Pour le segment actif dans les solutions Web, la modification de la demande – moins de production, plus de conseil stratégique – passe par un allègement des effectifs. Des 65 personnes employées dans ce secteur, 50 conservent leur emploi, dix sont licenciées et cinq partent naturellement. En France, la fin de swissquote.fr entraîne le licenciement de huit collaborateurs. Le groupe vaudois avait jusqu'à présent cherché à drainer du trafic sur le marché hexagonal, via une offre de cours en temps réel, afin de se faire connaître. «Le lancement de la seconde phase de notre stratégie (service de courtage, ndlr), explique Marc Bürki, s'est avéré mission impossible. Nous ne voulions pas nous lancer sur un marché, sachant que nos concurrents étaient prêts à lancer beaucoup d'argent dans la bataille.» La raison a donc dicté ce choix de la direction. La fermeture du portail financier participe à la perte enregistrée par le groupe au premier semestre pour 1,37 million.

Swissquote Bank est l'avenir

A cela s'ajoute l'investissement initial impliqué par la création de Swissquote Bank. Cette dépense nourrit également la perte annoncée à hauteur de 4,12 millions. Le lancement de cette plate-forme bancaire représente l'avenir de Swissquote Group, selon sa direction. Parallèlement, l'opérateur entend élargir son offre à travers l'accès au marché américain et la distribution de fonds de placement.

Pour l'ensemble de l'exercice 2001, le management table sur un chiffre d'affaires de 13 millions et des pertes nettes de 18 millions, soit le doublement des résultats du premier semestre. Quant au seuil de rentabilité, le groupe vaudois entend l'atteindre au cours de l'exercice 2002.