Le baromètre économique calculé par l'institut KOF ne prête guère à l'optimisme. L'enquête réalisée en mars auprès de l'industrie suisse met en avant les risques d'un ralentissement persistant jusqu'à l'automne 2005. L'indicateur de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) se trouve à son plus bas niveau depuis décembre 2003.

La tendance suivie par le baromètre du KOF reste orientée à la baisse. Il s'est inscrit à 0,44 en mars, contre 0,47 en février et 0,51 en janvier. Mais le recul est globalement moins marqué qu'au second semestre de l'année dernière. Le mois dernier, les attentes pour les deux premiers mois de l'année étaient encore fixées à respectivement 0,5 et 0,53.

Cette évolution indique «un léger affaiblissement du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) jusqu'à l'automne 2005 par rapport à l'année précédente», analyse le KOF. L'institut note que les entrées de commandes des industriels n'ont que peu augmenté. Pour l'exercice 2005, le consensus des marchés table sur un PIB suisse de 1,4%. Ce dernier a progressé de 1,7% en 2004. «De notre côté, nous prévoyons un chiffre de 1%», souligne Bernard Lambert, économiste chez Pictet à Genève. Les chiffres publiés mercredi par l'EPFZ ne le surprennent pas: «Ils viennent confirmer les statistiques plutôt faibles de ces dernières semaines, et le peu d'espoir d'une amélioration économique rapide.»

Des nouvelles démoralisantes

La recette miracle? La conjoncture européenne, dont la Suisse est très dépendante, devra se retourner pour que survienne une embellie. «Les deux tiers de nos exportations prennent le chemin de l'Europe», précise l'économiste de Pictet. Les récentes statistiques ne disent toutefois rien de bon. Le flux de nouvelles en provenance de l'Europe est plutôt démoralisant (stagnation attendue au second trimestre, etc.), relève une étude de Morgan Stanley.

Le prix du pétrole représente un second obstacle. Il a atteint un sommet à plus de 55 dollars. «Les coûts élevés de l'énergie freinent la demande réelle des consommateurs», relève Bernard Lambert. Dès lors, seule une forte baisse des cours du brut pourrait soutenir les ardeurs dépensières des Confédérés, et partant, l'économie.