Un œil sur la place financière

Quand le moteur allemand s’encrasse

ANALYSE. Le passage aux véhicules électriques provoquera une importante destruction d’emplois en Allemagne. Le pays doit donc investir dans des secteurs modernes et prometteurs, et l’investisseur, identifier les meilleurs modèles d’entreprise

L’évolution des affaires de l’industrie automobile donne généralement le pouls de l’économie mondiale. A en juger par les tendances récentes et par le moral des principaux acteurs du secteur, l’état de santé de la conjoncture n’est pas au beau fixe. S’agit-il juste d’un creux cyclique comme on en a connu tant dans le passé ou le mal est-il plus profond? La baisse des ventes sur le plan mondial (-5%) a été significative en 2018 avec une inflexion marquée durant la seconde moitié de l’année, notamment en Chine (désormais le plus grand marché de la planète) et en Europe. Certes, il y eu la combinaison de plusieurs facteurs spéciaux comme l’imposition de nouvelles normes environnementales dans la zone euro, la fin des incitations fiscales en Chine ou encore le renchérissement du crédit pour l’achat d’automobiles aux Etats-Unis.

Ces facteurs contiennent certainement des éléments cycliques, mais l’analyse plus fine révèle des changements profonds: les ventes en Chine semblent avoir atteint un plateau, mais surtout l’ensemble des constructeurs concentrent désormais leurs ressources sur les véhicules à propulsion électrique. Par voie de conséquence, la transformation des unités de production devient un enjeu primordial. Il s’agit de maîtriser l’ensemble châssis-moteur-batterie, ce que les majors européennes sont incapables de faire pour le moment. Autre enjeu de taille, gérer le mix à produire pour éviter de payer dès 2020 les pénalités financières si les quotas CO2 sont dépassés. La meilleure façon d’y parvenir est de vendre au total moins de véhicules afin que la part «électrique» augmente!