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Les locaux de Credit Suisse à Londres.
© REINHARD KRAUSE / Reuters

Mœurs

Le mouvement #MeToo touche aussi Credit Suisse

Le directeur général de la banque, Tidjane Thiam, relance une enquête interne pour une affaire de harcèlement datant de 2010

Les faits ont eu lieu en 2010 à Londres. Un cadre intermédiaire de la banque suisse, toujours en activité aujourd’hui, aurait profité de sa position hiérarchique pour agresser sexuellement sa subordonnée. Celle-ci porte plainte et la Metropolitan Police enquête par deux fois, sans qu'aucunes preuves ne soient établies. L’accusé nie tout comportement déplacé et prétend que ce qu’il s’est passé était consensuel.

Choquée, la victime estime que la banque est complaisante dans cette affaire et décide alors de quitter l’établissement financier.

Le dossier aurait dû être clos. Mais entre-temps le cataclysme provoqué par l’affaire Weinstein secoue les mœurs et les institutions. La fin de l’omerta a provoqué des centaines de révélations et de dépôts de plaintes pour harcèlement sexuel. La libération de la parole féminine touche tous les milieux: universitaires, artistiques, intellectuels et financiers.

Profitant de l’ampleur du mouvement #MeToo, la présumée victime décide de repartir au combat. En janvier, elle écrit une lettre au directeur général de Credit Suisse, Tidjane Thiam, qui a pris la tête de la banque en 2015, bien après les débuts de cette affaire.

Les «rainmakers» protégés

Le Financial Times révèle ce lundi le contenu de cette lettre. La plaignante fustige la complicité tacite de la direction de la banque. Elle estime que dans de tels conflits, «les services des ressources humaines ont tendance à protéger les supérieurs hiérarchiques». Surtout, ajoute-t-elle, lorsque ces derniers sont considérés comme des rapporteurs d’affaires si efficaces qu’ils en deviennent intouchables – les rainmakers, dans le jargon bancaire.

Tidjane Thiam répond tardivement, la semaine dernière seulement, expliquant que la lettre ne lui a pas été transmise immédiatement. S’excusant «sincèrement», il s’est engagé à ouvrir une enquête approfondie au sein de l’établissement. Il assure par ailleurs «prendre très au sérieux» les allégations de la présumée victime.

La procédure, dirigée par Lara Warner, coprésidente du Comité de conduite et d’éthique au sein de l’institut financier, vise à faire toute la lumière sur la situation. Contactée par Le Temps lundi, la banque a répondu par voie de communiqué que «les enseignements tirés de cet examen feront partie intégrante du cadre disciplinaire à l’avenir».

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