Horlogerie

Movado mise sur deux montres connectées à la fois

Le groupe américain adopte une stratégie duale dans les smartwatches. Il s’est allié à MotionX, la joint-venture de Frederique Constant, mais aussi au géant informatique HP

Les montres connectées gagnent-elles des poignets au détriment de l’horlogerie traditionnelle? La question reste ouverte. Des analystes affirment que oui, en se basant sur le recul des exportations de montres d’entrée et de milieu de gamme, ou sur des études qui comparent les ventes de smartwatches à celles de garde-temps helvétiques.

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A Baselworld, les horlogers sont partagés. Certains réfutent clairement cette thèse. D’autres affirment que l’industrie ferait bien de se méfier. C’est le cas de Ricardo Quintero, le numéro deux de Movado Group depuis juin 2014. «Nous avons réalisé un sondage pour comprendre ce que les consommateurs attendent des smartwatches», explique cet ancien dirigeant de Estée Lauder. Résultats? Des notifications, un traceur d’activité et une mesure de la qualité du sommeil.

Fin 2014, un autre sondage, lui publié par l’institut Gfk, avait montré que la lecture de l’actualité était la priorité des utilisateurs. Ricardo Quintero brandit alors son téléphone portable: «Il n’y a pas besoin de les afficher sur une montre, répond-il. C’est sur les smartphones que l’expérience de lecture est essentielle».

Une montre pas trop intrusive

C’est avec ce credo que Movado s’est lancé dans les montres connectées. Mais sans faire comme Apple, «qui a tout mis dans sa montre». Le groupe parie sur une stratégie duale. D’abord un modèle classique, qui mesure l’activité et le sommeil. Pour ce faire, il s’est laissé convaincre par la technologie de Motion X, la joint-venture entre Fullpower et la marque genevoise Frederique Constant. Un dispositif qui est aussi utilisé par Alpina et Mondaine, notamment. «Les débuts aux Etats-Unis sont extrêmement réjouissants», assure Ricardo Quintero. Sur ce marché très friand de produits connectés, le succès des bracelets de sport, comme ceux de Fitbit, semble pourtant s’estomper. «Le design reste la priorité, coupe-t-il. Nous devons à tout prix conserver l’ADN horlogère de la marque».

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En parallèle, Movado a signé un partenariat avec HP. Là aussi, la montre reste une montre. Première mouture: la Bold Motion qui, à la réception de notifications, vibre et active un petit led, placé à midi. Le cadran n’a pas d’écran et chacun peut sélectionner le type d’alertes qu’il souhaite voir arriver jusqu’à son poignet. L’idée, expose Ricardo Quintero, c’est de limiter le côté intrusif des smartwatches. Cette montre a été commercialisée quelques jours avant Noël. Son prix est d’environ 800 francs. Le système sera étendu à d’autres modèles du groupe d’ici l’automne prochain.

Les développements de logiciel à l’interne

Outre Movado, le groupe américain aux 500 millions de dollars de chiffre d’affaires commercialise les montres suisses Ebel et Concord, ainsi que celles des marques qu’il gère sous licence (Hugo Boss, Tommy Hilfiger, Lacoste ou encore Ferrrari). Dans cet éventail, les prix débutent à 75 francs et ne vont guère au-delà de 10 000 francs. Un segment particulièrement exposé à l’arrivée des montres connectées.

«Nous avons un pipeline plein d’idées», rétorque Ricardo Quintero. Il ne veut pas livrer de détails à la concurrence, mais il souligne néanmoins que son groupe se construit une équipe interne exclusivement dédiée aux développements de logiciels pour smartwatches. Un signal suffisant, conclut-il, pour prouver que les deux premiers pas connectés de Movado ne sont pas les deux derniers.

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