«Nous attendons d'être contactés par SAirGroup en vue d'une possible reprise de Swissôtel par notre entreprise», affirme Marcel Bolli, un des responsables de la communication de Mövenpick. L'actuelle saga SAirGroup a donc aussi des répercussions dans les opérations non aériennes de la holding helvétique. La vente de son secteur hôtelier s'explique aisément. Elle permettrait au groupe, fortement endetté, de récupérer des liquidités dont il a besoin actuellement, et de se séparer d'une société qui offre peu de synergies avec ses activités dans le domaine aéronautique.

Le porte-parole de SAirGroup, Rainer Meier, confirme que le transporteur à la croix blanche évalue en ce moment toutes les opportunités concernant sa filiale hôtelière, y compris sa vente: «Pour l'instant, nous sommes en pleine période de tractations.» Le destin de ces 23 hôtels répartis aux quatre coins du monde devrait être fixé prochainement.

Selon Marc Bloch, consultant en hôtellerie à Zurich, «l'intérêt de Mövenpick semble logique. L'entreprise possède déjà une bonne implantation en Europe, en France et en Allemagne, et au Moyen-Orient. L'acquisition de Swissôtel lui permettrait d'élargir son choix en toute complémentarité, avec une implantation géographique plus variée.» Concernant les concurrents de Mövenpick dans ce rachat, il évoque deux noms. D'une part, la chaîne américaine SAS Radisson, qui veut se développer en Suisse. D'autre part, l'allemand Kempinsky, qui cherche depuis un certain temps à s'implanter à Genève et Zurich. De plus, l'avocat de la société germanique a déjà travaillé pour Mövenpick.

Il est encore utile d'ajouter qu'une reprise de Swissôtel ne signifie pas la reprise de ses bâtiments. En effet, la chaîne possède des contrats de management. Cela représente un avantage supplémentaire, une diminution des risques d'investissement pour le futur repreneur.