Le Forum économique mondial (WEF) s'est vu visité de façon impromptue lors de sa dernière édition. A l'origine de cette malversation, des pirates informatiques (hackers) qui ont accédé aux données personnelles (numéros de cartes de crédit ou numéros de téléphone personnels) d'invités prestigieux de Davos. Cet incident met en exergue la vulnérabilité des acteurs présents sur un réseau dont la globalité multiplie les lieux d'infraction. Le phénomène est tel que dix-neuf des plus grosses sociétés versées dans l'informatique (parmi lesquelles AT & T, Cisco, Hewlett-Packard, IBM, Intel, Microsoft, Oracle, Verisign) ont annoncé récemment la conclusion d'une alliance (voir Le Temps du 30.01.2001) portant sur l'échange d'informations afin de lutter contre les attaques qu'elles subissent.

Société créée au milieu des années 90

Tentant de répondre à cette criminalité virtuelle, la sécurité informatique prend une importance toujours grandissante dans le monde économique. Une évaluation financière des dégâts causés par ces héritiers de la piraterie s'avère pourtant un exercice difficile. Les victimes se montrent généralement fort discrètes sur des affaires soulignant leur vulnérabilité et mettant à mal leur réputation. La sécurité des réseaux fait l'affaire de consultants, dont Equant. La société, active dans les télécommunications, se profile en effet sur ce marché du consulting et de la mise en place de solutions de sécurité pour les réseaux informatiques. Equant se veut une émanation de SITA, coopérative fondée par les compagnies aériennes en 1950 afin d'établir un réseau de communications pour l'ensemble du transport aérien (mise en commun de la réservation électronique, des informations météo ou des plans de vol). La société est créée au milieu des années 90 pour répondre à la demande de domaines extérieurs au transport aérien. L'entreprise compte 200 personnes en Suisse, partagées entre Zurich, Genève et le Tessin. La moitié d'entre elles représentent des forces de vente prospectant auprès des multinationales, clientèle principale de la société. 70% du «top 1000» des multinationales collaborent avec la compagnie, dont les principaux concurrents se nomment MCI, Concert ou Sprint.

Equant, cotée à Paris et New York, entre en Bourse en 1995. La société est aujourd'hui sur le point de passer dans le giron de France Télécom. L'opérateur hexagonal attend pour le 21 mars un feu vert des autorités européennes et américaines afin de finaliser une prise de participation majoritaire dans le capital d'Equant (54,3%). Le groupe de Michel Bon (PDG de France Télécom) souhaite fusionner Global One, sa filiale de services internationaux, avec son ex-concurrent. Ce rapprochement devrait être effectif d'ici à mai 2001.