Histoire

Le Musée de la finance ouvre ses portes à Zurich

Hébergé chez l’opérateur de la bourse suisse, SIX, le musée a pour vocation d’expliquer l’histoire de l’économie et de la finance. Il compte aussi la plus grande collection de papiers-valeurs

La place financière suisse ne serait probablement pas complète sans son musée. L’opérateur de la bourse suisse, SIX Group, a décidé d’y remédier en créant le sien, ouvert depuis le 28 juin dans le nouveau quartier branché de Zürich-West.

Le Musée suisse de la finance s’est installé dans les sous-sols du nouveau bâtiment de la bourse. S’étendant sur 300 mètres carrés, où chaque espace est utilisé, il veut raconter l’histoire du système économique et de l’importance croissance des marchés financiers et de leur infrastructure, des prémices au XVIe siècle jusqu’à aujourd’hui, sans oublier un aperçu des promesses de la technologie pour la suite.

Mini-cours de finance

Le musée prend le visiteur par la main et, surtout, lui présente une introduction aux bases de la finance: «Qu’est-ce qu’une action? Comment fonctionne le trading à la bourse?» Un mini-cours de finance accélérée, avec l’appui de tous les moyens interactifs disponibles. De la vidéo, des animations avec des écrans tactiles, qui permettent de comprendre l’évolution des actions à la bourse suisse, jeux d’écoute, application pour smartphones, les concepteurs ont eu les moyens de leurs ambitions. La société ne dit cependant pas combien elle a déboursé pour ce projet qui a exigé le recours à des experts externes et, notamment, une agence de design de renom. SIX Group se défend cependant d’utiliser ce musée pour faire étalage des fonctions de son entreprise.

Pour les amateurs de finance «vintage», le musée a exhumé quelques antiquités, comme les premières cartes de débit ou les cartes cash, dont l’utilisation n’a jamais décollé. Pour la technique, les concepteurs ont ouvert l’un des premiers distributeurs de billets de banque pour en montrer le fonctionnement.

Originaux de Chaplin

Mais, surtout, quelques obligations originales, tirées de la collection de SIX, sont exposées. Plus célèbre collection de papiers-valeurs du monde, elle a été rachetée en 2001 à un collectionneur allemand, Jakob Schmitz, et compte 100 000 pièces originales, provenant de 150 pays. La bourse suisse y voyait un potentiel à la fois artistique et permettant de connaître les sources de l’histoire économique. Une décision prise à peu près au même moment que toutes les activités de la bourse suisse étaient numérisées, et donc, dématérialisées.

Cette collection permet également de nourrir des expositions temporaires. La première est consacrée à des célébrités – Charlie Chaplin, Goethe, Marie-Thérèse d’Autriche et d’autres – à découvrir en filigrane de papiers-valeurs. On peut voir, par exemple, les actions pour la fondation des studios de Charlie Chaplin en 1918. Jusqu’ici, depuis l’été 2003, elles étaient exposées au Musée des papiers-valeurs d’Olten, désormais fermé. La collection comprend aussi la toute première action émise dans le monde, en 1623, par la Compagnie réunie des Indes orientales, des actions Gothard, émises par le comité en 1860. Certaines sont beaucoup plus récentes, comme les actions Amazon, au moment de son entrée en bourse en 2001. La collection continue de s’agrandir grâce à des dons et des rachats. C’est le cas avec une action de la NZZ en 1906 ou des chocolats Tobler en 1920.

Pas de place pour le français

Tout au long du musée, les explications sont en allemand et en anglais. Et le français? «Il n’y avait pas la place, justifie Andrea Wiedemann, la directrice du musée. Nous avons privilégié l’allemand, parce que nous sommes à Zurich, et l’anglais pour les touristes.» Il n’y avait, semble-t-il, pas la place non plus pour une traduction française dans l’application, mais seulement pour les audioguides ou pendant les visites guidées. Le musée est ouvert du lundi au vendredi et l’entrée coûte 10 francs.

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