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«Je n’ai pas l’intention de vendre Kudelski»

Alors que Kudelski transfère certaines responsabilités vers son nouveau siège américain de Phoenix, à Cheseaux, certains employés sont préoccupés par le sort qui les attend. Le fondateur de la société exclut une délocalisation complète

André Kudelski, administrateur-délégué et président du conseil d’administration, semblait, jeudi à Cheseaux, très satisfait des résultats semestriels de son entreprise. Le bénéfice net a progressé de 115,2% à 21 millions de francs. Les objectifs annuels ont d’ailleurs été revus à la hausse.

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Pourtant, malgré des chiffres positifs, les employés du groupe vaudois semblent préoccupés par l’incertitude qui règne au sein de la société. Ils ignorent le sort qui leur sera réservé. Devront-ils rejoindre le siège américain de Phoenix? Certains craignent même une revente de l’entreprise, ou du moins d’une partie des activités.

Le Temps: Pensez-vous revendre la société ou certaines activités du groupe, comme certains le suggèrent?

André Kudelski: Cette idée est complètement infondée. Ni ma famille, ni moi-même n’avons l’intention de vendre l’entreprise. Nous y sommes extrêmement attachés. Au cours des années précédentes, nous avons réalisé certains désinvestissements ponctuels, mais nous sommes actuellement dans un périmètre qui nous paraît tout à fait judicieux. Dans les secteurs où nous sommes les plus actifs, que cela soit dans la télévision, l’accès public ou la cybersécurité, l’heure est aux investissements plutôt que l’inverse.

– Pourtant, le fait d’avoir réglé toute une série de litiges ces dernières semaines, notamment avec le géant californien de l’informatique Apple ou le spécialiste de la vidéo à la demande Hulu, serait également perçu comme un signal de vente…

– En principe, j’essaie d’éliminer les problèmes plutôt que d’en ajouter des nouveaux. Dans le cas précis, il y a eu une opportunité de régler un cas. Cela a entraîné un effet domino. Lorsque l’un cède, les autres suivent souvent dans la foulée.

– Combien de personnes devront quitter Cheseaux pour aller à Phoenix?

– Actuellement, le groupe compte près de 3700 personnes, dont 40 à Phoenix. Ce siège américain comptera 100 personnes d’ici la fin de l’année. Quelques dizaines de personnes qui avaient travaillé précédemment à Cheseaux sont déjà parties à Phoenix. D’autres les rejoindront, notamment des fonctions de support dans la finance ou dans le domaine juridique. Une partie de la recherche et du développement sera conduite aux Etats-Unis mais nous tenons à conserver la force du site de R&D à Cheseaux pour garder notre avantage compétitif.

Dans tous les cas, il est encore trop tôt pour chiffrer le nombre d’emplois qui seront concernés par un transfert. On est au stade de la réflexion. Cela dépendra de plusieurs facteurs, notamment des opportunités de marché et des équilibres monétaires.

– Peut-on voir dans le nouveau siège de Phoenix un transfert progressif de l’entreprise vers les Etats-Unis?

– Plutôt qu’un transfert, il s’agît d’une nouvelle répartition des rôles qui devrait permettre de mieux mettre en valeur les atouts des deux sites de façon durable.

– La cybersécurité pourrait-elle à moyen terme représenter la majorité des affaires?

– A dix ans, cela est possible car il s’agit d’un segment en forte croissance. Mais la cybersécurité aura une autre forme que celle d’aujourd’hui. Il y a une synergie technologique entre certains métiers de la sécurité en télévision et la cybersécurité de demain qui concernera notamment l’Internet des objets.

– De votre côté, envisagez-vous de déménager à Phoenix?

– Aujourd’hui, j’y vais plusieurs fois par année mais la majorité de mon temps, je le passe à Cheseaux. Je m’attends à faire la navette entre la Suisse et les Etats-Unis. Cela dépendra aussi des opportunités au niveau des affaires de part et d’autre de l’Atlantique.

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