Le domaine de la propriété intellectuelle a désormais son chien de garde. A l'instar des associations spécialisées dans les droits de l'homme ou de la protection de l'environnement, Intellectual Property Watch (IP-Watch) est une initiative qui veut, d'une part, insuffler plus de transparence et d'équilibre entre les intérêts privé et public et, d'autre part, faire mieux connaître les enjeux globaux de la protection des inventions et des marques.

«Nous voulons documenter et informer le public sur le processus de décision et d'élaboration des politiques en matière de propriété intellectuelle», explique Isabelle Scherrer, directrice de IP-Watch. Selon elle, l'accès à l'information est essentiel. Car parfois des accords sont signés, sur l'accès aux médicaments par exemple, sans que tous les concernés ne soient mis au courant.

Qui sont les interlocuteurs de IP-Watch? Des gouvernements qui négocient des accords internationaux, les entreprises – notamment des secteurs pharmaceutique et agroalimentaire –, ainsi que la société civile. Les informations récoltées seront publiées dans un mensuel et sur un site internet. IP-Watch ne se veut pas un lobby en faveur d'aucun produit, accord ou entreprise et n'entend pas non plus participer à des campagnes publiques.

Qui finance IP-Watch? «Nous débutons nos activités grâce à la fondation Rockfeller et à l'Open Society Institute (ndlr: financé par l'homme d'affaires américain George Soros). Nous avons encore besoin de fonds, mais il n'est pas question d'approcher des multinationales. Nous voulons garder une liberté totale dans nos activités», répond Isabelle Scherrer.