Le groupe d’assurances bâlois Nationale Suisse a plutôt bien résisté à la crise l’an dernier. Son bénéfice net n’a reculé que de 16,4% à 88,2 millions de francs par rapport à 2007. Malgré le plongeon des marchés, la compagnie a ainsi pu dégager le «deuxième meilleur résultat» de son histoire, indique-t-elle dans un communiqué publié mercredi.

Mieux: si l’on exclut les cessions réalisées au cours de l’exercice précèdent (en France, où l’assureur était déficitaire), le profit net de Nationale Suisse n’a reculé que de 5,2%. Ces chiffres sont en ligne avec les attentes du marché.

Gestion améliorée

La bonne surprise est venue du ratio combiné des affaires non vie, qui est tombé à 97,7%, contre 101,9% une année auparavant. A moins de 100%, cet indicateur montre que le groupe est désormais bénéficiaire dans ce domaine sans devoir compter sur les placements. Les primes brutes totales encaissées par la compagnie se montent à 1,67 milliard de francs, en baisse de 10,6%. A périmètre comparable, elles ont toutefois augmenté de 1,7%. L’assureur précise en outre qu’il «n’accorde aucune remise de prix qui ne se justifie pas du point de vue des opérations d’assurances». Autrement dit, le groupe privilégie la rentabilité au chiffre d’affaires.

Ces résultats ont a priori tout pour plaire. Comparés par exemple à ceux du groupe Bâloise, où le résultat net a dégringolé de plus de 52%, ils dénotent une meilleure résistance. D’autant que la rentabilité des fonds propres de Nationale Suisse s’est inscrite à 12,5%, contre 9% pour son concurrent rhénan.

Le gros hic réside dans les perspectives: Nationale Suisse n’en évoque absolument aucune. «Donner maintenant, dans cet environnement, des prévisions ne serait pas sérieux», a déclaré Hans Künzle, directeur de la compagnie, lors d’une conférence de presse à Bâle, selon des propos rapportés par l’agence AWP.

Les analystes divergent par conséquent assez logiquement sur le potentiel que peut atteindre le titre. Marc Effgen, chez le courtier Helvea, évoque un cours cible de 550 francs, estimant dans une note que l’action, qui a clôturé mercredi en recul de 1,3% à 495,70 francs, «se traite avec une prime par rapport à ses homologues». Les experts de Kepler préconisent en revanche d’acheter le titre, avec un objectif à 703 francs.

A noter que les actionnaires se voient proposer, lors de leur assemblée générale du 18 mai, un split des actions par 20. Ils sont également appelés à voter sur le versement d’un dividende en actions, à raison d’un droit de souscription par action fractionnée.