Le Temps: Pourquoi avoir accepté l'offre de Compass?

This E. Schneider: Celle-ci nous permet d'abord de trouver une solution au problème de la présence d'un actionnaire minoritaire qui tend à devenir un concurrent à mesure qu'il cherche à s'établir sur le marché des distributeurs automatiques en Europe. Mais surtout, le marché a changé et la clientèle recherche de plus en plus des services de restauration collective et de distributeurs automatiques chez un même fournisseur. Or, Compass est le leader de la restauration collective en Europe.

– Cette alliance comporte-t-elle des doublons?

– Non, nos activités sont absolument complémentaires. Et il y aura des synergies, en particulier au niveau des achats, mais aussi de l'échange de compétences, puisque Compass est aussi très actif dans les distributeurs automatiques aux Etats-Unis. Nous devrions ainsi obtenir une croissance plus rapide en Europe et améliorer ainsi notre rentabilité.

– Donc pas de suppressions d'emplois?

– Au contraire, nous pensons que ce rapprochement permettra de créer de nouveaux emplois.

– L'action Selecta restera-t-elle cotée en Bourse?

– Rien n'est décidé, mais il n'y a pas de raison de maintenir la cotation du titre.

– Vous attendez-vous à une surenchère sur l'offre de Compass?

– Cela est peu probable, étant donné que Compass contrôle déjà un tiers de Selecta.

– Certaines critiques estiment que Selecta avait les moyens de rester indépendante…

– Bien sûr que nous aurions pu poursuivre notre développement par nos propres forces. Nous sommes une société saine et prospère. Mais il ne faut pas attendre d'être en difficulté pour négocier une alliance. D'ailleurs, nous réalisons déjà près des trois quarts de notre chiffre d'affaires à l'étranger.